Zemmour se trompe

Seul homme sur Terre condamné pour propos islamophobes ET apologie du terrorisme islamique.

Éric Zemmour va réussir l’exploit d’être le seul homme sur Terre condamné pour propos islamophobes et pour apologie du terrorisme islamique.

Je ne reviendrai pas sur cette polémique ridicule qui ne fait que confirmer la médiocrité intellectuelle de cette époque qui ne comprend plus rien à rien, qui ne veut plus comprendre, qui ne sait plus lier texte et contexte, qui prend tout au pied de la lettre, qui ne sait que tronquer puis commenter dans une sorte de boucle infinie et absurde. Auparavant on critiquait un texte, aujourd’hui on réagit à une phrase, voire à un mot. Bientôt les journaux titreront « Machin a dit femme ». « Nan mais vous vous rendez compte, il a dit FEMME ! Les avancées scientifiques ont prouvé que la différenciation sexuelle était culturelle et non naturelle mais il continue d’employer le terme femme qui est non-neutre au lieu d’humain, ce qui rappelle les heures sombres de… », si, si, un jour ces discussions existeront, n’en doutez pas. « Encore un siècle de journalisme et tous les mots pueront », les prédictions de Nietzsche sont impressionnantes de précision.

 

Zemmour a évidemment parlé de « respect » pour les djihadistes au sens où il faut les prendre au sérieux si l’on veut leur survivre, au lieu de parler d’eux comme de jeunes cons sans repères comme d’autres parlaient d’Hitler comme d’un agitateur éphémère au lieu de lire Mein Kampf. Parce qu’il est évidemment vital de connaître ses ennemis, encore une fois si l’on veut leur survivre. Mais est-ce que l’on veut réellement leur survivre ? C’est là où selon moi Éric Zemmour se trompe : lorsqu’il affirme que les djihadistes ont la foi et sont prêts à mourir pour ce en quoi ils croient, ce dont nous ne serions plus capables.

 

Si l’Occidental lambda n’a pas lu le Coran, ce n’est pas uniquement par naïveté ou par peur d’une réalité qui lui fait peur et qu’il préfère se cacher jusqu’au bout, c’est aussi et surtout parce qu’il n’en a rien à faire. Parce que comme je l’ai déjà écrit ailleurs, même lorsqu’il est de gauche le Blanc est tellement convaincu de sa supériorité qu’il est incapable d’imaginer qu’une civilisation étrangère puisse être responsable de sa disparition. Le Blanc de gauche oublie qu’il est minoritaire sur Terre, puisqu’il ne sort pas de la rue qu’il traverse jusqu’à son travail, ni de sa série préférée. Il ne vit, ne respire et ne pense que par ce prisme de l’homme blanc tout puissant qui de toutes façons ne risque pas grand-chose, qui malgré les quelques révoltes à droite à gauche est et restera encore le Maître jusqu’aux quatre coins du globe. Il se rassure avec cette image qui n’est qu’un vestige, une lueur du passé, comme la lumière des étoiles mortes qui nous éblouit encore et nous aveugle aussi.

 

Le Coran veut nous détruire, et alors ? De toutes façons nous vaincrons, tôt ou tard l’Amour vaincra. Les gentils gagneront et tout finira bien. Bien que souvent anti-américain, l’Occidental moyen vit dans un film hollywoodien. Bien sûr que si, Éric Zemmour, « nous » sommes capables de mourir pour ce en quoi l’on croit, et c’est ce que l’on fait chaque jour. Sinon, comment expliquer le spectacle hallucinant qu’est devenu notre quotidien ?

 

Une équipe entière de journalistes se fait massacrer, nous communions quelques jours après dans « l’esprit » du 11 janvier en marchant par millions dans les rues au mépris de toute sécurité élémentaire, au mépris de la peur. 150 personnes sont fusillées dans Paris, dans des bars, des concerts, le lendemain nous jouons « Imagine » au piano sur des trottoirs où coule encore le sang chaud de la veille en apportant avec nous des fleurs et des bougies.  Nous nous faisons écraser, broyer – hommes, femmes et enfants – par un camion de 19 tonnes le soir du 14 juillet, quelques heures après nous nous recueillons, et si un pauvre bougre perd son calme même une minute pendant la cérémonie, même à cet instant, et lâche un dérisoire et triste « Rentrez chez vous » à une femme voilée on maudira cet homme pour avoir commis le blasphème de l’amalgame, on le mettra sur un pied d’égalité avec le terroriste au poids lourd car comme lui, il a rompu un moment de communion républicaine, quelque chose de sacré. Et lorsque l’on égorge un couple de policiers dans leur salon devant leur fils de 3 ans ou un prêtre dans son église pendant la messe, quelle est notre réaction ? L’appel à ne pas céder, à croire envers et contre tout que c’est encore possible, qu’il faut aimer l’Autre, toujours, tout le temps, quoi qu’il arrive. Quel est le comportement que je viens de décrire si ce n’est le comportement de hordes de croyants ?

 

L’autre soir j’ai commis l’erreur de tenter une discussion en soirée avec un type qui m’avait l’air ouvert bien que gauchiste, et puis j’étais d’humeur. Le mec a fini par admettre que oui il y a bien un danger mortel et grandissant d’attentats islamistes en France mais en ajoutant avec un regard presque haineux « Mais bon ça te choque parce que ça te touche toi chez toi, des guerres et des morts il y en a depuis longtemps en Syrie ». C’est là que je me suis rendu compte de l’évidence : c’est exactement la même phrase qu’ont hurlée pendant des heures les amis de Salah Abdeslam en abattant froidement des gens non-armés. Il n’y a qu’un gauchiste ou un djihadiste pour oser prononcer une phrase pareille, pour relativiser jusqu’à la dégueulasserie, pour ressentir et assumer une telle indifférence devant la mort de centaines d’innocents. À la seule et unique différence que le gauchiste lui, il l’affirme lorsque les siens meurent.

 

Beaucoup d’Occidentaux ont une foi incroyablement puissante qui est comparable à celle des religieux les plus fanatisés. Je ne partage pas cette foi, mais puis-je la nier ? Dois-je la « respecter » ? Beaucoup d’entre nous ont accepté leur sort, ont assimilé la notion de sacrifice au point de continuer à laisser la terreur gagner leur pays tout en continuant pour certains à faire des enfants, même en les sachant probablement condamnés à se faire liquider par « des jeunes sans repères » en 2030 puis en 2050 puisque c’est comme ça qu’on gagnera. Les djihadistes croient que le Paradis est en haut, les gens de gauche croient que le Paradis est demain, ou après-demain, un Eden laïc et citoyen que nous aurons mérité en ne cédant jamais à la violence. Ils préfèrent la croyance au néant plutôt que de ne rien croire du tout. Nietzsche, encore…

 

La compagnie de ces fous est effrayante car nous sommes embarqués avec ces étranges chrétiens parmi les lions, ces agneaux parmi les loups, ces victimes marchant sciemment vers l’abattoir, et qu’en plus nous avons cessé de croire, ce qui est la seule chose impardonnable pour un croyant. Nous pleurons lorsqu’un Bataclan ou un Nice se produit, mais croyez-vous que ces gens verseraient une larme si un Zemmour, un Le Pen ou un modeste blogueur de droite venaient à mourir ? Nous l’aurons mérité, tout comme pour les islamistes de Charlie Hebdo l’avaient mérité. Nous faisons encore confiance aux frontières, au solide, à la terre, aux choses d’ici et maintenant, de ce fait nous sommes par nature des hérétiques aux yeux des adorateurs d’Allah comme à ceux des adorateurs de Demain, et nous serons traités comme tels aussi bien par les uns que par les autres.

 

Bataklan.fr

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