SÉQUENCES D’ANTI-FRANCE, par Romain Guérin

OPPRESSIONS ET ABJECTIONS RÉPUBLICAINES AU QUOTIDIEN

 

 

 

SITUATION 1

(Lyon, 6H30, dans ma voiture pour aller gagner ma croûte)

 

 

A l’approche du pont de la Guillotière, je jette un coup d’oeil à gauche en direction du terre plein central, là où une espèce de vieux surfer sans planche et sans océan a élu domicile. Fidèle au poste, les cheveux gras et oranges et les pieds noirs et nus, il apostrophe les voitures froides comme l’acier qui passent sans lui répondre.

 

Plongez un homme dans la misère, il en ressort un alien.

 

Rangez vos télescopes et dessillez vos yeux, les extraterrestres sont bien dans l’espace, mais c’est dans l’espace public qu’ils pullulent puant, à l’abri de votre incuriosité crasse.

 

Un peu plus loin, je m’arrête au feu.

 

Habituellement, une vieille allogène de race non-répertoriée mendie hargneusement entre les voitures. Ce matin, la diseuse de mauvaises aventures est absente, nous épargnant à nous pauvres automobilistes déjà aveuglés par le flash fasciste des radars, la laideur éblouissante de son visage inhumain.

 

Les clochards bien de chez nous, eux, sont plus matinaux.

 

Je traverse le pont sous lequel manifestement ne coule pas le Rhône mais la Méditerranée, puisque je me retrouve en plein cœur du quartier dit « arabe ».

 

Adjectif superfétatoire, car de nos jours quel quartier ne l’est pas ?

 

Je suis à l’arrêt, la poubelle à quatre roues devant moi recule et me percute. Je sors, un mastodonte oriental sort à son tour :

 

 

« – Pas de constat, pas moyen, c’est pas ma faute !

– Tu me rentres dedans en marche arrière et c’est pas de ta faute !

– J’ai mis mes feux de recule, je suis pas en tort !

– T’as rien mis du tout putain, les feux de recule c’est automatique !

– Automatique ?

– Ouais automatique, ça veut dire que… non, laisse tomber… »

 

 

Le courage, l’inconscience ou plutôt l’horripilation du prolétaire qui sent qu’une fois de plus il va se faire empapaouter par tous les trous me fit me comporter comme si j’avais dans cette pénombre exotique la silhouette de Conan le Barbare. Je lui ai pris ses clefs de force, bien décidé à lui faire rédiger un semblant de constat.

 

En turque, même, s’il le fallait.

 

Le gars part.

 

Seul pérégrin dans cette enclave africain, que faire ? Là-bas, à cent mètres à peine, j’aperçois un oasis étatique avec une pancarte : Police nationale. Rendu naïf par ma situation de relative détresse, je m’y rends, croyant y trouver un refuge, sinon un soutien.

Que nenni les amis.

 

J’explique mon cas, la probabilité pour que le futur Montaigne revienne avec plein d’autres chances pour la France et tout le toutim. Six branleurs bien français, blancs comme des culs, pas un pour faire dix mètres et venir avec moi. De surcroît, le guignol bleu se fend d’un mensonge me disant qu’il suffit de relever la plaque du sarrasin fugitif pour que mon assurance me rembourse.

 

Police nationale mes fesses, c’est en fait une milice anti-nationale : gardien de la paix… ethnico-sociale et force de l’ordre… mondial.

 

Tel un Harki désarmé par De Gaulle, je reviens sur les lieux de l’accident un brin soucieux pour ne pas dire chiasseux. L’ottoman analphabète revient accompagné d’une trentaine d’autres métèques à barbes brunes. Grâce à Missiou Soral, j’analyse vite : tout ça ressemble beaucoup plus à des musulmans du quotidien qu’à des islamo-racailles : j’assiste donc à une sortie de mosquée dont j’ignorais jusque-là l’existence. Si je suis dévoré, ce sera selon les préceptes coraniques, à l’ancienne et pas à la va-vite, dans une cave dégueulasse, donc : ouf !  Avec l’aide d’un brave berbère qui avait bien du mal à cacher son aversion pour les mahométans, le constat fut gribouillé et je pus repartir avec ma chignole italienne cabossée, sain et sauf.

 

 

SITUATION 2

 

 

Lyon, c’est la cour des miracles à tous les coins de rue, mais la place du Pont, c’est un peu le bassin de rétention des égouts de l’univers : refourgueurs de came, putains mineurs, romanichels nantis du dernier Samsung Galaxy, rastaquouères de pacotille, désoeuvrés en tout genre, malades mentaux échappés de Vinatier, clandestins hostiles, réfugiés belliqueux, demandeur d’asile fou à lier, etc.

 

Bref : le gratin de l’humanité.

La crème des mammifères.

 

Aux yeux de la loi et du bon sens, c’est simple, pas un zig ne devrait être physiquement sur cette place. En orbite autour de Jupiter, sur une comète en partance pour d’autres galaxies, dans un zoo pour gaucho-bobo en manque d’exotisme, vous les foutez où vous voulez, mais que ça dégage d’ici, allez oust les ouistitis ! Toi pas comprendre ? M’oblige pas à employer la langue de l’ordre, tu vas m’apporter des ennuis… bon tant pis… Raus ! Schnellllllllll !

 

Deux bagnoles de poulets jaunes stationnent sur la route. Cherchez pas les amis, y’a pas de suspens.

 

Contrôle routier.

 

 

« – Bonjour Monsieur, vos papiers s’il vous plait !

– …

– Je vois qu’il aurait fallu faire votre contrôle technique hier. C’est 90 euros. Merci, bonne journée !

– (Fils de P… ) merci monsieur l’agent. »

 

 

SITUATION 3

 

 

Dans le frimas matutinal de l’automne, résigné, je marche la tête courbée pour aller louer ma force de travail à qui en veut. Devant la vitrine d’un magasin de matelas, je vois, étendu, un corps saucissonné dans un sac de couchage déchiré par les griffes du froid et les ongles des démons de la nuit.

 

Comme pour les pièces de musée, comme pour les marchandises, un écriteau est posé sur le sol pour informer le passant sur ce qu’il doit voir : « Je suis français, j’ai 32 ans. »

 

J’ai 32 ans et je suis français, cet écriteau aurait pu être le début de mon autobiographie. Quand on a trop longtemps souffert de la pitié, quand on a passé des années à vomir la misère indigeste des Autres, quand indigent nous-même, les larmes nous manquent, l’empathie se transforme en cynisme.

 

Après qu’un éclair de haine pure pour nos bourreaux socialistes ait foudroyé mes nerfs à vifs, à voix haute, je déclame amer :  « Mon pauvre, pour attendrir le cœur de la foule dénaturée, t’aurais dû mettre sur ta pancarte que t’es pédé, noir, migrant, mongole, syrien, transsexuel, marsien même, tout mais surtout pas français. Le français il est bon qu’à crever, c’est de la chair à migrants, sa peau plus personne n’en a rien à foutre, elle ne sert plus qu’à torcher le cul des Attali et des Elkrief de tout poil. Si t’as bien 32 ans et que t’es bien français, alors aux yeux du pouvoir, dans les égouts avec les rats, t’es à ta place mon gars. Tout est normal mon pote. »

 

A l’heure où l’on loge à nos frais des terroristes en puissance et des zozos mangeurs de noix de coco dans des châteaux, il y a de quoi finir zinzin.

 

J’ai le cancer de la conscience morale les amis.

 

Chaque instant passé dans cette république repoussante fait grossir la tumeur que j’ai sur le cœur, chacun de ses battements n’est plus que le bruit sourd du compte à rebours d’une bombe qui un jour, je le sens, explosera sans prévenir à la tronche de ces criminelles crapules qui nous servent de représentants.

 

 

SITUATION 4

 

 

Le samedi matin, je vends du pain sur un marché situé sur une place où se trouve une Mairie. C’est dans ce lupanar des Lumières que la mère maquerelle, Marianne (ou Maranne pour les initiés), la reine des Putes, célèbre ses étranges unions qu’elle appelle « mariage » pour faire mouiller sa vieille vulve luciférienne et ses vétustes fesses méphistophéliques.

 

Ça sent un mixte de Saint-Saëns les amis : « Le carnaval des animaux » + « La danse macabre ».

Glauque et bouffons à la fois.

Cacacophonie républicaine.

 

Ma patronne, revenant du bureaux de tabac, naïvement me dit  « Va voir Romain, y’a deux mariées qui se prennent en photo sur les marches, ça vaut le coup d’oeil. ».

Je ne suis pas d’essence voyeuriste mais bon, les ordres sont les ordres. Je reviens vers elle avec ma tête de gentil espiègle.

 

 

« – Alors, c’est du lourd ?

–  Je suis sûr qu’au gramme près, elles font le même poids, à elles deux on approche des trois quintaux, au bas mot ! De vraies jumelles en obésité !

– Ah ah !

– Y’a que leur surcharge pondérale qui t’as choqué toi ?

– La couleur de leur robe, ce blanc qui tire sur une teinte jaune urine, vraiment j’te…

– Non mais sans déc, t’as rien vu d’autre ?

– Quoi Romain, quoi ?

– Disons que j’ai pas vu de maris !

– Ils doivent être à l’intérieur.

– A l’intérieur, c’est ça… non non, ce que t’as vu c’est une des manifestations esthétiques du mariage pour tous, c’est l’union de deux grosses vaches brouteuses de gazon bien gras, l’hymen ignoble et sans joie de deux bovidés femelles dépressives qui ont pour seule satisfaction l’idée puérile qu’elles ont de commettre un sacrilège.»

 

 

Je ne sais pas si c’est une conséquences de la loi Taubirat, mais apparement, les africains aussi peuvent faire adouber leur union tribale par la chienne Marianne. Imaginez : deux congoïdes (mâle et femelle cette fois-ci) déguisés en monarques trônant sur une limousine décapotable de dix mètres qui fait le tour de la place accompagnée d’une cinquantaine de bolides de location qui klaxonnent pendant trois heures, le tout, comme si le tapage n’était pas suffisant, accompagné d’une dizaine de tam-tam.

 

Au milieu de la savane, le bruit se disperse, mais ici, ça résonne bordel !

 

Vivre ensemble, quand tu nous tiens !

 

 

Je fais deux constats :

 

Moins les gens sont intelligents, moins ils sont sensibles au bruit.

 

Plus les gens sont vides intérieurement et plus ils pratiquent l’ostentation vulgaire.

 

Ces observations empiriques et personnelles mais néanmoins absolument vraies de toute éternité, dépassent le clivage des races, pour autant, les africains sont le peuple du bruit, et les séfarades, le peuple de l’ostentation, de l’étalage même, pour ceux qui aiment les jeux de mots.

 

Sous la double influence d’Hanouna et de Maître Gims, le peuple de France se « noirise » et se  « séfaradise » rendant mon cœur de gaulois catholique triste à pleurer du sang.

 

Cerise sur le pompon, la gauchiste.

 

Manquait plus qu’elle.

 

Vers la fin du marché, à l’écoute de nos plaintes légitimes quant au tohu-bohu qui nous faisait saigner les oreilles et l’âme, une écolo-gaucho décatie, missionnaire de l’anti-racisme en toute occasion, s’adressa à nous d’un ton que les curés n’ont plus :

 

 

« Mais non, c’est sympa, c’est exotique, ça colore un peu cette grisaille. »

 

 

Voici ma réponse :

« Pour moi, ça colore pas la grisaille, ça noircit mes nuages, madame Catin qui prostitue aussi la poésie pour son idéologie de boudin mal baisée. C’est peut-être sympa pour toi parce que tu fais que passer mais nous, ça fait maintenant 7 heures qu’on subit ce boucan du diable. Va faire des mamours à Mamadou si tel est ton destin de souillon au petit cœur mais au grand cul, et arrête d’emmerder les immondes réactionnaires qui bossent comme des abrutis, un samedi matin pour que tu aies du pain frais pour ton « brunch » à la con. »

 

 

SITUATION ∞

 

 

 

 

Romain Guérin

 

 

 

 

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