Airbus licencie 1400 employés !

Selon la CFE-CGC, deuxième syndicat du groupe, « 1.357 postes seront soit supprimés soit transférés, sur un total de 10.000 emplois ». (Crédits : © Kim Kyung Hoon / Reuters)  ...

Selon la CFE-CGC, deuxième syndicat du groupe, 1.357 postes seront soit supprimés soit transférés, sur un total de 10.000 emplois.

Selon la CFE-CGC, deuxième syndicat du groupe, « 1.357 postes seront soit supprimés soit transférés, sur un total de 10.000 emplois ». (Crédits : © Kim Kyung Hoon / Reuters)

 

 

L’avionneur européen Airbus annonce mardi le nombre de suppressions de postes qu’entraînera l’an prochain sa restructuration, tandis que de premières évaluations syndicales font état de plus de 1.300 emplois, suscitant des craintes de licenciements secs.

Plus que quelques jours d’attente pour connaître l’ampleur des suppressions d’emplois chez Airbus. Le Comité européen de l’avionneur doit se réunir de 10h00 à 12h30 mardi au siège de Blagnac, près de Toulouse, afin de détailler les suppressions d’emplois qui viseraient principalement la France et l’Allemagne.

 

Quatre comités d’entreprise ont déjà été organisés depuis octobre, dans les différentes branches concernées. Selon la CFE-CGC, deuxième syndicat du groupe, « 1.357 postes seront soit supprimés soit transférés, sur un total de 10.000 emplois ». « On pense que la plupart de ces 1.357 postes seront en fait supprimés », avait indiqué à l’AFP Thierry Préfol, coordinateur adjoint de la CFE-CGC pour Airbus Group, jeudi soir, à l’issue du dernier comité de branche.

 

54.000 employés en France, 140.000 dans le monde

 

Ce chiffre fait craindre des licenciements secs, ce qui serait une première dans l’histoire du groupe européen. Airbus emploie près de 140.000 personnes dans le monde, et 54.000 en France.

 

Les licenciements « ne sont pas dans la culture du groupe mais on est inquiets, en particulier en ce qui concerne le site de Suresnes qui doit fermer », selon M. Préfol. A Suresnes (Hauts-de-Seine), qui emploie 650 personnes, « c’est la désolation », décrit à l’AFP un représentant syndical du site francilien, qui souhaite conserver l’anonymat. « La grande crainte c’est la fermeture pure et simple du site. »

 

« Pour les gens d’ici, c’est une catastrophe ». Même si des mutations géographiques étaient proposées, « encore faut-il être en capacité de déménager à Toulouse » avec sa famille, poursuit-il. « Les salariés sont estomaqués », dit-il, « parce qu’on ne peut pas dire que le groupe a des problèmes, il est plutôt en bonne santé financière ».

 

« Qu’un groupe comme Airbus quitte la région parisienne ne me paraît pas sain », renchérit un délégué CFE-CGC d’Airbus Group. Pour lui, il est « absolument clair que personne n’a annoncé officiellement la fermeture du site de Suresnes » mais « ça ressemble beaucoup à une épée de Damoclès ».

 

Le site allemand d’Ottobrunn, près de Munich, devrait lui aussi être impacté, selon les syndicats, et dans une moindre mesure le site de Marignane près de Marseille. Airbus Helicopters, également situé à Marignane et lancé dans un plan distinct de suppressions de 582 postes, n’est en revanche pas concerné.

 

Interrogé sur la possibilité de licenciements secs, le pdg d’Airbus, Fabrice Brégier, a assuré jeudi qu’Airbus avait « une tradition de dialogue social qui a toujours permis, normalement, de trouver des solutions comme avec Power 8 », un plan de suppressions de 7.900 postes, lancé en 2007 et qui s’est fait sans aucun licenciement.

 

« Une logique financière »

 

FO, syndicat majoritaire chez Airbus, s’attend toutefois à un PSE (Plan de sauvegarde de l’emploi), nouvelle appellation du « plan social ». Les éventuels licenciements secs ne devraient pas être annoncés dès mardi, le comité devant se contenter de chiffrer les suppressions de postes. Les négociations sur leur traitement social, donc des éventuels licenciements, ne s’ouvriront qu’en janvier 2017, et jusqu’au 1er juillet, date de la mise en oeuvre de la restructuration.

 

La réorganisation du groupe, baptisée Gémini, consiste à fusionner à Toulouse les sièges de la branche d’aviation commerciale (Airbus SAS, 70% de l’activité) avec le groupe (Airbus Group SAS).

 

Cette fusion-intégration, qui touche presque exclusivement les fonctions administratives et non opérationnelles, doit faire naître une nouvelle entité baptisée tout simplement « Airbus ». Elle est destinée à éviter les « duplications » et à gagner en « agilité », selon la société.

 

Mais, d’ores et déjà, les syndicats doutent du bien-fondé du plan. « On a un peu de mal à voir la logique stratégique. On voit surtout la logique financière », dit Jean-Marc Escourrou, secrétaire FO.

 

Ces économies tombent à point nommé pour l’avionneur qui, malgré un carnet de commandes record de près de 1.000 milliards d’euros, soit 8 à 10 ans de production, doit réduire ses coûts.

 

Le groupe, dont la branche hélicoptères souffre de l’atonie du marché, est affecté par deux programmes phares : son avion militaire, l’A400M, lui a valu près de deux milliards d’euros de provisions ces deux dernières années et son vaisseau amiral, l’A380, peine à se transformer en succès commercial.

 

 

(Avec AFP)

 

Source : La Tribune.

 

 

Captain Désanusator

 

 

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