Wilhelmus Simon Petrus « Pim » Fortuijn (ˈpɪm fɔrˈtœyn), né le 19 février 1948 à Velsen (Hollande-Septentrionale) et mort le 6 mai 2002 à Hilversum (même province), est un homme politique néerlandais. Il fut assassiné par un écologiste radical, qui, comme il l’a déclaré à son procès en 2003, l’a fait pour l’empêcher d’« exploiter les musulmans comme boucs émissaires ».
Fortuyn avait étudié la sociologie à l’université d’Amsterdam avant de devenir maître-assistant en sociologie à l’université de Groningue et à l’université Érasme de Rotterdam.

 

Le parcours politique de Fortuyn fut relativement atypique. Il fut membre du Parti travailliste, et tenta en vain d’adhérer au Parti communiste des Pays-Bas. À la fin de sa vie, il fonda un mouvement populiste qui est qualifié d’extrême droite par la majorité des observateurs, étiquette que lui-même récusait formellement.
Les positions politiques qu’il prit à la fin de sa vie furent marquées par son hostilité à l’islam et à l’immigration non-européenne aux Pays-Bas. Il basait son discours sur l’argument des différences culturelles et de l’absence de volonté d’assimilation de la part de nombreux immigrants, mais il n’a jamais évoqué de critères de race. De ce fait, Pim Fortuyn répéta à de nombreuses reprises qu’il n’avait rien de commun avec des partis habituellement classés à l’extrême droite tels que le FPÖ en Autriche, le Front national en France ou encore le Vlaams Blok (actuel Vlaams Belang) en Flandre. Il consentait tout juste à se reconnaître comme nationaliste.
Son homosexualité affichée contribuait en outre à le tenir éloigné de nombreux partis connus pour leur défense des « valeurs familiales ».

 

Assassinat
Le 6 mai 2002, neuf jours avant les élections générales, Pim Fortuyn fut assassiné par Volkert van der Graaf, activiste d’extrême gauche, militant de la cause animale, alors qu’il sortait des studios d’une station de radio à laquelle il venait d’accorder un entretien dans le cadre de la campagne électorale. Selon van der Graaf lui-même, il a commis cet assassinat pour « protéger les musulmans », que Fortuyn aurait « désignés comme boucs émissaires » et parce qu’il « visait les groupes les plus vulnérables » pour « en tirer parti ».

Cet assassinat causa une vive émotion dans les Pays-Bas tout entier, la reine Beatrix elle-même faisant part de sa consternation. Peut-être partiellement influencé par l’émotion causée par cet assassinat, le peuple néerlandais accorda 1 614 801 voix à la LPF, ce qui permit l’élection de vingt-six députés à la chambre basse du Parlement (soit 17 % des cent cinquante sièges de l’assemblée). La LPF devint ainsi le second parti néerlandais.

En 2007 est sorti un livre d’Ine Veen, Meurtre au nom de la couronne, faisant état d’un rapport de police évoquant un second tireur lors de l’assassinat. L’auteur souligne le rôle des services spéciaux néerlandais et désigne le commanditaire : la famille royale néerlandaise. Les thèses avancées dans cet ouvrage sont cependant considérées comme conspirationnistes.

 

Suite judiciaire

 
Volkert van der Graaf a été condamné en 2003 à 18 ans de prison. Mais il obtient une libération conditionnelle le 2 mai 2014 après avoir purgé les deux tiers de sa peine, ce qui fit scandale dans le pays.

 

Source

 

Pim Fortuyn le 4 mai 2002, deux jours avant son assassinat.