(Avertissement : quelques spoilers dans l’article)

The Walking Dead, est une série à succès, et elle le mérite. Elle mélange tout ce que l’industrie américaine audiovisuelle fait de mieux. Excellente réalisation et casting, maquillage, décors, photographie… Mais je ne compte pas en faire une critique sur la forme mais bien sur le fond.

Cette série s’attelle à suivre un groupe de survivants après un renversement politique, social, et économique suite à une gigantesque pandémie qui change les gens en zombie. Jusque là, rien de bien transcendant. Ce thème est vu et revu depuis des années au cinéma, mais le traitement du problème est très intéressant.

Le leader du groupe, du moins jusqu’à la fin de la saison 6, est Rick Grimes, interprété brillamment par l’acteur britannique Andrew Lincoln. Ce dernier prend en charge la responsabilité de la survie de ses congénères. Par son métier, déjà, qui lui confère cette légitimité toute naturelle. En effet, Rick était adjoint du shérif, donc un soldat. Il est structuré mentalement. Il suivait les ordres. Il ne discutait pas les directives. Son rôle était de protéger les citoyens de personnages dangereux et néfastes. En réalité, il fera la même chose après. La seule différence ? On ne met pas ces personnages en prison, on les tue.

D’ailleurs, à la fin de la saison 2, épuisé par cette charge et après avoir tué son meilleur ami, car il représentait un danger pour la survie des siens, il déclare à son groupe :  » This is not a democracy anymore ». Ce n’est plus une démocratie. Vous avez compris l’enjeu de cette phrase ? Les règles d’avant ne fonctionnent plus. Rick instaure un régime dictatorial, fasciste. Il décide, il dirige, il tue. A lui la responsabilité de la survie du groupe. Bien que cela puisse sembler violent, le groupe ne bronche pas. Ses membres savent que de cela va dépendre leur salut.

C’est ce qui explique la terrible violence de la saison 3 et 4 lors de l’affrontement avec le Gouverneur. Lui aussi a la même logique que Rick, le sadisme en plus. Il veut détruire Rick car il sait qu’il est comme lui, un ennemi mortel. Les morts-vivants ne sont même plus l’enjeu ici. Mais la lutte à mort de deux hommes déterminés à faire tout ce qu’il faut pour protéger leur clan. Dans la scène de l’ultime confrontation entre Rick et le gouverneur, Hershel (le gauchiste bien-pensant) essaie de les convaincre qu’une cohabitation reste possible malgré leurs antagonismes. Bien mal lui en a pris. Sa sentence sera la mort à coup de sabre. La scène, très violente, ne fait pas d’état d’âme. Le gentil et le faible est mis à mort, point final.

Mais la série va encore plus loin en mettant à mort des enfants, par des humains. Comment oublier cette scène dans la saison 4 dans laquelle Carole (ancienne femme faible transformée en warrior) assassine la petite Lizzie parce qu’elle sait qu’elle met en danger leur vie. Carole adore Lizzie mais elle le fait. Car c’est ça, la pensée de droite, virile, qualifiée de fascisme par certains : ce qui doit être fait EST FAIT. Pas de tergiversations inutiles, de débats sans fin. La petite DOIT mourir. C’est nous ou elle. Il n’y a pas d’autre solution. Dans ce monde apocalyptique, les humains le comprenne, instinctivement.

D’ailleurs, Carole ne se justifiera pas, et jamais elle n’en reparlera. D’autres éléments viennent appuyer cette thèse. Lorsque le groupe rencontre d’autres humains errants, il leur pose trois questions afin de déterminer si oui ou non, les nouveaux peuvent les suivre ou pas. Les questions sont les suivantes : Combien de rôdeurs avez vous tués ? Combien de vivants avez vous tués ? Pourquoi ? Les réponses données sont déterminantes. Ne pas avoir tué de rôdeurs n’avantage pas les postulants. Cela traduit une fragilité et/ou une réticence à abattre des ennemis mortels.

Mais Rick ne s’arrête pas à cette question, bien conscient que pour un groupe fonctionne, d’autres qualités sont importantes. La question suivante permet de déterminer le niveau de dangerosité de la personne pour les humains. Même si la personne ment à cette question, sa réponse sera éloquente. D’autant qu’une personne n’ayant pas tué de rôdeurs sera moins susceptible d’avoir tué ses congénères humains. Enfin, on exige la raison si la réponse à la deuxième question mentionne des victimes. Rick tolère l’explication par l’impératif de sa propre survie. Il vérifie ainsi que les potentiels futurs membres du groupe ont bien intégré l’idée que leur propre survie passe avant tout. Et que des êtres humains dangereux doivent être abattus au même titre que les rôdeurs.

Pourquoi cet état de fait est intéressant ? Parce que personne ne traite Rick de fasciste et de dictateur. Au contraire, il est perçu comme un héros. Les membres du groupe l’admirent et le respectent tandis que ses adversaires veulent le mettre à mort. Ma question est la suivante : pourquoi lorsque les gens de droites, identitaires ou nationalistes affirment qu’il est impératif de faire passer la survie et le bien-être des siens avant toute chose, ils sont immédiatement traités de nazis ? En fait, ce sont eux qui se rapprochent le plus d’un personnage comme Rick. En disant cela, il ne s’agit pas de dénigrer l’autre mais de bien comprendre qu’il est AUTRE, donc différent, pas comme nous. Rien de plus naturel que cela.

Ne préférez vous pas vos enfants à ceux du voisins ? C’est pareil à l’échelle d’un peuple. L’analogie peut être poussée jusque là. Car la nation est une extension de la famille. Si vous niez que les membres les plus intimes de votre clan ( enfants, frères et sœurs, parents) ne sont pas prioritaires par rapport à d’autres individus ( voisins, gens croisés dans la rue) alors comment pourriez vous défendre votre peuple face à des gens qui ne sont pas ce peuple ? Vous ne voyez même pas cette évidence à travers le prisme des gens de votre sang. Voilà ou réside la pensée gauchiste.

A quand un procès de la bien pensance de gauche aux réalisateurs de la série ? Ou sont les panneaux des Social Justice Warrior pour dénoncer le patriarcat ? Ou sont les féministes critiquant Rick et sa virilité assumée ? Nulle part parce que c’est de la fiction et quand il s’agit de fiction, tout est permis. Mais en vérité, je pense que si demain un bouleversement de cet ordre frappait notre société, il faudrait des gens comme Rick. Et même les gauchistes de la pire espèce qui se feront dessus dès qu’on leur mettra une arme dans les mains auront besoin d’hommes tel que lui. La morale de l’histoire ? Le gauchisme est une idéologie de confort. Quand ça chauffe, tout le monde est de droite.

Mila