Poème de la Quinzaine !

LA NATURE CONTRE MOI

 

 

Merveilleuse vieillarde obèse de beauté,
D’illustres courtisans ont chanté tes louanges,
Oublie Lamartine et accepte d’écouter,
Cet hymne un peu étrange.

 

 

Nature ! Femme enfant ! Fille aux milliards d’années !
Insouciante splendeur, connais-tu la douleur,
Qui traverse souvent les âmes condamnées,
Devant ton impudeur ?

 

 

Non… évidemment non, Madame nous dédaigne
Avec une grâce accordée à la saison,
Qu’on gémisse, qu’on crie, qu’on trépasse ou qu’on saigne,
Elle va sans raison.

 

 

Le prodige est banal dans ses mains mystérieuses,
Si bien qu’elle gaspille à l’envi ses soldats,
La mort est le fumier de la vie luxurieuse,
Immortelle armada.

 

 

Nonobstant tes affronts qui accablent les hommes,
Sous-race de valet, bonne qu’à t’admirer,
Il s’en trouve toujours qui t’écrivent des sommes
De vers pour t’honorer.

 

 

Des poètes dit-on ? Ces débris de miroir !
Ces larbins d’une fée aux éternels caprices,
Déesse sans regard à l’insolent pouvoir,
Hautaine Impératrice.

 

 

Qu’à cet instant je vive ou qu’enfin j’en finisse,
Je ne sais que trop bien que c’est égal pour toi,
C’est pourquoi mon approche est si provocatrice,
Et mon verbe narquois.

 

 

Une classe a toujours un enfant qui se dresse
Contre l’autorité, dénigrant à tout va,
Tout cela, car il aime en secret sa maîtresse :
Je suis cet enfant-là.

 

 

 

 

Romain Guérin

 

 

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