Paresse et médiocrité : les deux mamelles du pédagogisme ambiant

Ce texte explique que l’essor du pédagogisme gauchiste a pour cause réelle la progression constante de la paresse des élèves et des professeurs. Il n’y a pas de complot pour détruire le niveau scolaire, mais plutôt une lente corruption.

 

Si vous avez des adolescents, si vous êtes sortis vous-même de cet âge ingrat depuis dix ou quinze ans ou si vous vous intéressez tout simplement aux questions d’enseignement, vous aurez constaté la méthode plus que discutable, avec laquelle on entend instruire nos chères têtes blondes. Nos milieux au sens large, ont parfaitement décrit les délires pédagogistes que l’on apprend aux futurs professeurs et je me contenterai ici d’un bref résumé.

Le cours « magistral » (le professeur donne un savoir, l’élève écoute et écrit) est une chose horriblement rétrograde. Il faut donc faire des « cours dialogués » où l’on fait « réfléchir » les élèves sur des documents et après avoir fait réfléchir (ou glander) les élèves, le professeur fait écrire trois lignes de cours pour se donner bonne conscience. Il n’est donc plus celui qui transmet des savoirs mais plutôt une sorte de « gentil organisateur », qui anime un « groupe classe » (oui classe tout court c’est has been) et qui part de ce que savent les élèves. Comme ils ne savent pratiquement rien, le trajet n’est pas très long. Mais encore une fois d’autres personnes ont mille fois mieux expliqué cela que moi et je vous renvoie à leurs écrits. Ce que je souhaite évoquer dans ce billet, ce sont deux causes de cette pratique pédagogique qui me semblent négligées voire passées sous silence.

La première, c’est la paresse. Un cours magistral sur un sujet donné, demande des heures de lecture et de préparation, c’est intense (essayez de parler pendant une heure sans pause) et il faut une certaine érudition. Le cours dialogué en revanche vous permet de les foutre devant un exercice qu’ils ne comprennent pas pour la plupart (pour comprendre il faut savoir lire correctement). On passe ensuite tranquillement dans les rangs pour vérifier qu’ils travaillent un minimum, satisfait de stimuler l’esprit critique de futurs citoyens ( « tu parles Charles »).

Le prof moyen considère qu’il est surchargé de travail et comme il est très souvent marié avec un autre prof, il peut difficilement comprendre ce qu’une telle expression signifie vraiment. Faites-lui remarquer qu’il n’a que 18 heures de cours à assurer par semaine, il vous répondra qu’il a de très nombreuses réunions.  Faites-lui remarquer que même avec ses très nombreuses heures, il est bien loin des 35 heures hebdomadaires, il vous parlera correction des copies. Faites-lui constater qu’avec la baisse colossale du niveau, les contrôles ressemblent de plus en plus à des QCM qu’un professeur expérimenté peut parfois corriger en une heure, souvent lorsqu’il surveille un autre contrôle et il sortira alors l’argument ultime du « je passe des heures entières à préparer mes cours ». Vous aurez beau lui dire que cet argument ne vaut véritablement que pour les professeurs débutants et vous aurez beau lui rappeler qu’il a 4 mois de vacances pour faire cela, il restera persuadé qu’il est un damné de la Terre et non un privilégié de la république. Étonnez-vous donc que ces théories pédagogistes fassent fureur.  Le mot d’ordre de tous ces tocards est d’ailleurs « nous devons faire travailler les élèves ». Apparemment écouter et écrire un cours ne suffit pas.

La deuxième cause, c’est la médiocrité. Pour pouvoir faire un cours magistral, il faut être magistral. Cela veut dire avoir du charisme et des connaissances importantes. Or dans cette société du nivellement par le bas et de l’égalitarisme qui est la notre, des tas de glands réussissent le CAPES chaque année alors qu’ils ont le charisme d’un bulot trop cuit. Pour la culture générale, c’est la même chose. Les exemples sont multiples, je n’en citerai donc qu’un seul qui date de 2016. Un candidat au capes d’histoire géographie a été admis aux épreuves orales. Il n’a pas été capable de placer la Seine et la Loire correctement ! Imaginons qu’on lui ait demandé de placer le Rhône et qu’il y soit parvenu grâce à des origines lyonnaises ou marseillaises, ce type serait aujourd’hui devant des élèves…

Alors comment expliquer cela ? Je pense que la culture générale a tout simplement été congédiée du système universitaire.  Vous avez en gros deux camps. Ceux qui ne savent rien. Ils ont passé leurs études à faire la fête et ont obtenu miraculeusement une licence à grands coups de bachotage, de redoublements, de chance et de nivellement par le bas. Ils n’ont jamais ouvert un bouquin à part quelques manuels pour réviser des partiels. Ils ont donc une culture générale pire que médiocre et totalement insuffisante vu le niveau d’études, études payées au passage par le contribuable. Le deuxième camp, c’est celui de l’érudition stérile. Ces types qui ont souvent fait de la recherche, qui sont incollables dans un domaine, mais un domaine souvent très petit, un enclos à chèvres pour ceux qui connaissent la référence.  Ils ont oublié que dans culture générale, il y a « générale ». C’est le prof de français spécialiste de « la virgule chez Proust » mais qui à côté de cela n’a pas lu plus de romans que le type un peu geek sur les bords.

Pour conclure, je ne pense pas qu’il y ait un complot talmudo-trotsko-maçonno-libéro-homme lézard contre l’école. Il y a seulement des idées destructrices qui s’appuient sur les bas instincts et sur la médiocrité ambiante. A nous de lutter et de relever le niveau.

Pour approfondir le sujet :
1)      Les vidéos de Jean-Paul Brighelli et ses livres comme la Fabrique du crétin.
2)      Le livre de Philippe Némo La France aveuglée par le socialisme avec de belles perles de gens qui ont parfois bac+8.
Pour ceux qui lisent l’anglais Why knowledge matters d’Eric Hirsch qui a un chapitre spécial sur le cas français.

Auteur : Assurbanipal.