Nos ancêtres les Gaulois

De la nécessité de détruire le roman national… Mais intelligemment

Il n’aura échappé à personne l’habile manœuvre politicienne de Nicolas Sarkozy, chantre du métissage, qui se fait aujourd’hui apologiste des racines attaquées de toute part par les vilains Arabes, en évoquant « nos ancêtres les Gaulois » (comme si les Gaulois avaient jamais rencontré les Arabes_les bénis des Dieux).

 

Donc, au delà tant la fois des manœuvres politiciennes de droite et de gauche, du buzz journalistique que des cris d’orfraie poussés par les associations anti-raciste de tous bord, tâchons de mettre un peu d’ordre là dedans. Je ne reviendrai pas sur le « fond » de l’histoire des Gaulois, sur le fait qu’ils n’arboraient pas de moustache, etc. Si vous êtes assez idiots pour croire à Astérix… Eh bien tant pis !

 

I/ Nécessité de détruire une bonne fois pour toute le roman national de la III République

 

Il est nécessaire de rappeler que la formule « nos ancêtres les Gaulois » est une fiction et non un mensonge destiné à assimiler les populations non seulement européennes (Alsaciens, Basques, Bretons, etc) mais également non européennes i-e celles des colonies : c’est le roman national de la III ème République, encore fragile idéologiquement, qui se cherche des héros (allant jusqu’à prendre Jeanne d’Arc, ou Etienne Marcel).

 

Cependant, cette formule et cette fiction ne reposent pas sur rien. Si les textes de Bainville et Michelet doivent être relus avec beaucoup de distance, ils restent très pertinents. Bainville en particulier, n’a pas « choisi », il n’a pas fait commencer son « Histoire de France » avec les Bambaras ou les Aztèques, ou encore les Han ou les Xhosa. Si les Gaulois sont une multitude de peuples, mus dans des alliance changeantes (ce qui coûta la bataille d’Alésia, et plus tard la vie à Vercingétorix dans le temple de Jupiter, à Rome), ce que par ailleurs personne ne conteste, il n’en demeure pas moins que dès le départ, ce qu’on entend par « Gaule », c’est à dire « territoire peuplé de Gaulois » est plus ou moins l’actuelle France (j’entends : Aquitaine, Belgique, Lyonnaise, pour les provinces sénatoriales, et Narbonnaise, pour la province impériale), s’il n’y a pas de conscience nationale globale (mais dans quel Etat de l’époque est-ce le cas ?), on peut parler de « Gaulois ». Il y a uniformité dans l’artisanat, la langue, les coutumes, etc. Qu’importe en réalité qu’il existât d’autres peuples celtes en Germanie, en actuelle Bohême, en actuelle Espagne, etc.

 

II/ Que nous reste-t-il des Gaulois ?

 

J’ai dit plus haut qu’il convenait de défoncer une bonne fois pour toutes le roman national. Mais j’entends déjà tant les apprentis historiens (comprendre : ceux qui regardent des vidéos YouTube) que les patriotes fragiles : « Et mes Gaulois alors ? »

 

Que nous ont laissé les Gaulois ?

 

1) Des toponymes. La ville de Lyon tire son nom de Lugdunum, version latinisée de Lug, dieu gaulois de la lumière. Pour un peuple de tradition orale, excusez du peu.

 

2) Des technologies. La Gaule n’a jamais été chevelue, elle était au contraire déboisée comme pas permis car contrairement au mythe tenace les Gaulois étaient des paysans (éleveurs/agriculteurs) qui avaient donc besoin de vastes surfaces déboisées. A la chute de l’empire Romain, avec la chute démographique, il n’y eut plus personne pour entretenir tant les routes que les surfaces agricoles. Parmi ces technologies, on citera le tonneau, pour stocker le vin que leur avait apporté les Grecs, et dont les Gaulois se montraient très friands. De l’autre côté des Alpes, ces idiots de Romains utilisaient encore des amphores !

 

3) Du vocabulaire. Pour un peuple de tradition orale, je me répète, mais je trouve ça assez balaise. Voyez plutôt.

 

A la lumière de ces trois points, comment nier : 1) Que les peuples Gaulois ont globalement été peu mobiles ?

 

2) Que « l’invasion » romaine, en l’absence d’une quelconque extermination ou exil forcé des populations présentes sur le sol gaulois, a formé une seconde couche (les Gallo-Romains) à laquelle s’est mêlée une invasion bien réelle (les Francs) ce qui a constitué le terreau principal (85%) de l’essentiel de la population française (paysannerie) jusqu’au XIX ème siècle ?

 

III/ L’impossibilité de maintenir un roman national

 

Les Gaulois doivent redevenir un sujet d’étude pour les historiens, les archéologues, les linguistes. Il est impossible de « faire France » (et toc les gauchistes) avec des pans entiers de la population, surtout jeunes, qui se refusent cette assimilation. S’il était possible il y a encore quarante ou soixante ans, de nier l’évidence empirique, ou en tout cas de passer outre, il n’est pas possible d’appeler « descendants de Gaulois » des individus ou des groupes d’individus qui précisément méprisent, maltraitent et tuent les descendants de ces Gaulois.

 

(SPQR… (Sono Pazzi Questi Romani_ Ils sont fous ces romains !)

 

Via La Chouette Aveugle

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