Je ne sais pas vous, mais moi ça fait une paye que je n’ai pas mis les pieds dans une salle de cinéma… Outre le fait que le prix de la place est devenu quasiment aussi cher que celui du bluray du film, je ne peux m’empêcher de constater la lente déchéance du cinéma dit populaire, français comme international. Aaah, ou sont passés les bons vieux Inspecteurs Harry bien bourrins, les films cools et couillus du patron John Carpenter, les comédies qui n’avaient d’autre ambition que de nous faire rire et non nous faire la morale ? Balayés, disparus. Aujourd’hui je garde mon argent pour d’autres activités et je me prends parfois à regarder le programme allociné en soupirant bruyamment… Petit florilège de ce qui est visible en ce moment dans les salles obscures (cliquez sur les liens si vous voulez plus de détails sur chaque film) :

 

Patients de Grand Corps Malade (!)

Synopsis : Se laver, s’habiller, marcher, jouer au basket, voici ce que Ben ne peut plus faire à son arrivée dans un centre de rééducation suite à un grave accident. Ses nouveaux amis sont tétras, paras, traumas crâniens… Ensemble ils vont apprendre la patience. Ils vont résister, se vanner, s’engueuler, se séduire mais surtout trouver l’énergie pour réapprendre à vivre.

Dans les rôles principaux (ça ne s’invente pas) : Soufiane Guerrab, Moussa Mansaly, Nailia Harzoune. De lourds handicaps, des jeunes afro-musulmans, un combat pour la survie physique et sociale : pendant que leurs collègues brulent des voitures et des flics dans la vraie vie, les jeunes des cités sont des modèles de courage et d’abnégation au cinéma. Admettons.

 

20th Century Women de Mike Mills

Santa Barbara, été 1979. L’époque est marquée par la contestation et d’importants changements culturels. Dorothea Fields, la cinquantaine, élève seule son fils Jamie. Elle décide de faire appel à deux jeunes femmes pour que le garçon, aujourd’hui adolescent, s’ouvre à d’autres regards sur le monde.

C’est dit explicitement dans la B.A (oui je me la suis infligée) : on a pas forcément besoin des hommes pour élever les gamins. Du féminisme assumé teinté de progressisme bon marché, on a l’habitude. Soit.

 

Les Figures de l’ombre de Théodore Melfi

Le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn. Maintenues dans l’ombre de leurs collègues masculins et dans celle d’un pays en proie à de profondes inégalités, leur histoire longtemps restée méconnue est enfin portée à l’écran.

Un melting pot des deux films précédents : vous mélangez les deux plus grands handicaps qui puissent exister (femme + noir / mode troll activé), et vous produisez une magistrale leçon d’Histoire en démontrant que non, les afro-américains ne sont décidément pas bons qu’à fabriquer des maisons en caca. Merci mais on avait remarqué. Sinon pourquoi ne pas faire un film par semaine sur une ethnie ou une nationalité pour montrer qu’il y a des génies partout ? Un projet sur les biologistes péruviens bientôt, non ? Passionnant.

 

Monsieur & Madame Adelman de Nicolas Bedos

Comment Sarah et Victor ont-ils fait pour se supporter pendant plus de 45 ans ? Qui était vraiment cette femme énigmatique vivant dans l’ombre de son mari ?
Amour et ambition, trahisons et secrets nourrissent cette odyssée d’un couple hors du commun, traversant avec nous petite et grande histoire du dernier siècle.

Une comédie romantique de et avec cette pourriture gauchiste de Nicolas Bedos. Que rajouter ? Tout est dit je pense. Passons.

 

Chez nous de Lucas Belveaux

Pauline, infirmière à domicile, entre Lens et Lille, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père ancien métallurgiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l’aiment et comptent sur elle. Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines municipales.

Le meilleur pour la fin : une œuvre grossière de propagande anti FN financée par l’argent du contribuable dont un bon tiers vote Marine, et ce, à quelques semaines des présidentielles. Le cinéma français vous remercie d’hypothéquer un rein pour pouvoir payer votre place de cinoche, tout en insultant copieusement votre intelligence et en vous indiquant pour qui voter, y compris dans les salles obscures.

Et encore, je ne suis pas allé chercher loin : uniquement sur les quinze derniers jours ! Éloquent, n’est-ce pas ? Allez à bientôt et bonne séance bien sur !