Les 70 ans du procès de Nuremberg

et si on relisait Maurice Bardèche ?

 

Texte de Virginie Vota :

 

Dans l’introduction de Nuremberg ou la Terre Promise, écrit en 1948, Maurice Bardèche questionne, s’interroge et doute à propos du traitement infligé aux Allemands par les Alliés à l’issue de la seconde Guerre Mondiale, dont le tribunal de Nuremberg apparaît comme le symbole. Et « si nos mains n’étaient pas plus pures que leurs mains, si nos consciences n’étaient pas plus légères que leurs consciences ? Si nous nous étions trompés ? Si l’on nous avait menti ? »

 

 

Et si le jugement ne correspondait qu’au « verdict des vainqueurs » ?

 

 

L’auteur soutient la thèse selon laquelle « c’est l’horreur, c’est le désespoir des vainqueurs qui est le vrai motif du procès », face aux horreurs qu’ils ont commises. Et pour se donner bonne conscience, « ils ont inventé a posteriori un droit au massacre au nom du respect de l’humanité. » Et depuis, l’histoire qu’ils racontent perpétuent cette illusion, car « si, un jour, les hommes cessaient de croire à la monstruosité allemande, ne demanderaient-ils pas compte des villes englouties ? »

 

L’édification du Tribunal Militaire International apporta des éléments inédits. Le 8 août 1945, un accord conclu entre la France, l’Angleterre, les Etats-Unis et l’URSS prévoyait notamment « que certains actes qui n’avaient pas été mentionnés jusqu’ici dans les textes de droit international étaient considérés comme criminels. » Ainsi, « Les chefs d’accusation furent au nombre de quatre : de complot (c’est l’action politique du parti national-socialiste depuis son origine qui est assimilée à un complot), de crime contre la paix (c’est l’accusation d’avoir provoqué la guerre), de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. »

 

Maurice Bardèche analyse et met en exergue les dérives de ce système devenu incontestable, qui déforme pourtant des faits en leur prêtant, sous couvert d’appartenance à « une organisation criminelle » a posteriori des intentions correspondant aux accusations voulues. Or, contrairement à la justice chrétienne, qui distingue le résultat de l’acte de son intention première, ici le coupable est privé de la perspective du doute, et Nuremberg écrase toute individualité, en voyant et pensant uniquement « par masses et statistiques ». Dans un débat aussi subjectif selon le point de vue, il est impossible de faire triompher une seule vérité. Les bases du monde des vainqueurs ne reposent que sur la culpabilité des vaincus.

 

Analysant la notion de « crime contre la paix », il nous rappelle l’existence de deux documents, la note Hossbach et le dossier Schmundt, mentionnant les intentions d’Hitler d’entrer en guerre contre la Pologne ainsi que l’Angleterre. Cependant, le tribunal de Nuremberg omet de mentionner « les sanglantes provocations polonaises » ainsi que « le caractère fallacieux des négociations que le cabinet anglais conduisit, semble-t-il, avec l’espoir de les voir échouer ». Seule la moitié des événements apparaît mise en lumière.

 


L’apparition de la « conscience universelle »

 

 

Le système utiliserait le pacte de Brilland-Kellog pour fondement de ses accusations, dans lequel la Société des Nations interdirait toute opération militaire à l’Allemagne. Ainsi cette morale internationale s’octroierait le droit de promulguer des lois et d’interdire certaines formes d’action politique, ce qui équivaudrait à « un abandon de souveraineté en faveur de la communauté internationale ». Pour l’auteur, Nuremberg amorcerait ainsi la création d’une « conscience universelle » avec le statut du « citoyen du monde ».

 

Deux poids-deux mesures ?

 

 

Une troisième section d’accusation concernait le « crime de guerre » : le terme fut spécialement crée par les Alliés. Bardèche s’insurge alors contre le fait que les massacres commis lors de la Libération par les Résistances communistes soient passés sous silence, tandis que les Allemands portèrent seul l’accusation d’avoir massacré la population française : plusieurs hommes furent condamnés à morts pour ces faits (Keitel, Neurath, Ribbentrop, Speer, Jodl, etc). Le manque de preuves aurait été remplacé par « un décompte » : la délégation Française aurait sélectionné les rapports de police attestant des massacres commis à différents lieux, pour conclure qu’il s’agissait de la règle commune. Les témoignages des déportés entendus auraient été systématiquement orientés de telle sorte que leurs propos au sujet des camps de concentration corroboreraient la « volonté d’extermination ». Il en serait de même concernant certains documents, dont les traductions apparaîtraient trop approximatives.

 

En outre, ne faudrait-il pas rappeler la tactique des Alliés, qui consistait à « arroser des villes entières avec des bombes au phosphore, et nous oublions les milliers de cadavres de femmes et d’enfants recroquevillés dans leurs caves, les 80.000 morts d’Hambourg en quatre jours, les 60.000 morts de Dresde en quarante-huit heures » ?

2 650 000 civils allemands périrent dans ces conditions… dans l’indifférence générale.

 

Aussi, dans la dernière partie de son ouvrage, Maurice Bardèche souligne le fait que les officiers allemands jugés lors du Procès de Nuremberg furent jugés comme de simples criminels. Un officier ou un soldat n’était pas supposé avoir une responsabilité morale lorsqu’il exécutait les ordres de son commandant : sa loyauté restait garante de sa conscience. Or, avec l’accord de Londres du 8 août 1945, apparaît alors un Statut du tribunal « fixant à la fois la composition, le fonctionnement, la jurisprudence du tribunal et la liste des actions qui devaient être considérées comme criminelles ». Cela signifie que « l’immunité qui couvrait les exécutants en vertu des ordres reçus ne serait pas prise en considération ».

 

 

La notion de complot d’hier… à aujourd’hui

 

 

Plus grave encore, par ces faits, « le tribunal pourrait déclarer que telle ou telle organisation politique traduite devant lui n’était pas une organisation politique, mais une association de malfaiteurs rassemblés pour perpétrer un complot ou un crime, et que par suite tous ses membres pouvaient être traités comme des conspirateurs ou des criminels. » Ainsi apparaît une « notion d’un Etat universel détenant le gouvernement des consciences ».

 

Même si certains propos méritent nuances, Maurice Bardèche est un penseur visionnaire, quant aux conséquences de l’instauration de ce Nouvel Ordre Mondial. Il prévoyait les conséquences de la mondialisation via des coalitions telles que l’Union Européenne, avec tout le risque désormais encouru par ceux qui s’opposeront à l’ordre établi.

 

Désormais, « les Etats ne seront plus que les arrondissements administratifs d’un seul Empire. Et d’un bout à l’autre du monde, dans des villes parfaitement pareilles puisqu’elles auront été reconstruites après quelques bombardements, vivra sous des lois semblables une population bâtarde, race d’esclaves indéfinissable et morne, sans génie, sans instinct, sans voix. L’homme déshydraté régnera dans un monde hygiénique. D’immenses bazars résonnants de pick-up symboliseront cette race à prix unique. Des trottoirs roulants parcourront les rues. Ils transporteront chaque matin à leur travail d’esclave la longue file des hommes sans visage et ils les ramèneront le soir. »

 

Cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose ?

 

L’auteur prédit ainsi les effets de la mondialisation pour les décennies à venir : « Il n’y a plus de frontières, il n’y a plus de cités. D’un bout à l’autre du continent, les lois sont les mêmes, et aussi les passeports, et aussi les juges, et aussi les monnaies. »

 

 

Les conséquences « des régimes qui ouvrent la cité à l’étranger »

 

 

Le plus frappant, dans cet ouvrage ou ce qu’il importe de retenir reste sans doute l’actualité stupéfiante avec la situation de notre pays victime de la crise migratoire, avec les conséquences politiques et sociales que nous constations –et que nous prévoyons pour l’avenir.

 

En effet, à l’époque, l’auteur écrivait déjà que l’« on soutient par pression les régimes qui ouvrent largement la cité à l’étranger. On exige que ces étrangers reçoivent les mêmes droits que les habitants du pays et on condamne solennellement toute tentative de discrimination. Puis on ne reconnaît pour régulière qu’une manière d’opiner purement numérique. Avec ce système, quelle cité ne sera pas, en un temps donné, soumise par une conquête pacifique, submergée par une occupation sans uniforme et offerte finalement au règne de l’étranger ? »

 

Nous savons que les médias et les membres du gouvernement sont friands de termes tels que « facho » ou « complotistes » pour nous désigner, nous, Patriotes. Et pour cause ! Rien de neuf sous le soleil. L’auteur annonçait que l’accusation de complot lors de ce Procès entraînerait les conséquences dont nous sommes aujourd’hui témoins : désormais, à l’exemple du Tribunal de Nuremberg, tout parti politique visant à contester le gouvernement actuel serait susceptible d’apparaître potentiellement comme un « complot » à l’image du précédant judiciaire constitué par le National-Socialisme, sous prétexte qu’il contient « en germe toutes sortes de crimes contre la paix et l’humanité. »

 

Cette direction sournoisement imposée sonne comme mise à distance de ceux qui dérogent à la règle, leur éloignement par rapport à la masse, leur différence d’opinions ou de sentiments justifie potentiellement alors leur condamnation. Au-delà de la condamnation du parti National-Socialiste, c’est ainsi « toute nation, tout parti qui se souvient du sol, de la tradition, du métier, de la race » qui risque de devenir suspects.

 

La relecture de cet ouvrage, mise en perspective avec notre actualité, semble donc fort pertinente.

 

 

Virginie Vota

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