Le petit coup de stress de Monsieur Ardisson

Adrien Abauzit : Bientôt, l'heure de payer l'addition pour tous les éléphants de la télé française.

Samedi 17 septembre, Thierry Ardisson réunissait la fine fleur de la pensée française (Pascal Praud, Jean-Jacques Bourdin…) dans son émission, Salut les Terriens, pour discuter de la liberté d’expression sur internet.
Pour entrer en matière, Ardisson lança un « édito » dans lequel apparurent Hervé Ryssen, Daniel Conversano et le rappeur Kroc Blanc, soit trois figures bien connues de la nouvelle opinion publique.

 

Constatant que sur les réseaux sociaux, les Français avaient la fâcheuse tendance à s’affranchir de la bienséance politiquement correcte, les invités se demandèrent s’il était bien raisonnable de laisser chacun s’exprimer librement sur la toile. Inquiets, ils constataient aussi l’influence grandissante d’internet – entendre de la nouvelle opinion publique – malgré sa prétendue « faible représentativité ». Parenthèse, il eût été sans doute plus opportun de s’interroger sur la représentativité des sondages – tenus pour vérité d’Evangile – et du système électoral de la Vème République.
Finalement, les intervenants n’eurent pas le courage de se prononcer expressément pour la censure, se contentant simplement de la suggérer à mots couverts.
Quelques jours plus tard, Yann Barthès invita sur le plateau de sa nouvelle émission les auteurs de l’ouvrage La Fachosphère. L’inquiétude était la même : l’extrême « droâte » remportait la bataille culturelle sur internet.

 

Quels enseignements tirer de tout cela ?
Tout d’abord, il ressort que les journalistes du système suivent assidûment ce qu’il se passe dans la nouvelle opinion publique, car, autant Alain Soral et Dieudonné ont une « popularité » dépassant le cadre d’internet, autant on ne peut citer par hasard des figures comme Hervé Ryssen et Daniel Conversano.
Bien plus important, c’est non sans intérêt que l’on constate un début d’inquiétude dans la superstructure médiatique. De prime abord, cette inquiétude a de quoi surprendre, car, à l’heure actuelle, les médias traditionnels sont toujours acquis au mondialisme et sont suivis par une majorité de Français. Mais à y regarder de près, on s’aperçoit que depuis quelques années, leur force d’adhésion a clairement reculé en raison de l’émergence de la nouvelle opinion publique. Si les médias traditionnels paraissent encore sérieux aux yeux des baby-boomers, une très large et croissante partie de la jeunesse française ne lui accorde en revanche plus aucun crédit. Si la tendance devait se poursuivre, la jeunesse française, à terme, ne serait intellectuellement plus sous tutelle du système, ce qui serait une situation totalement inédite.

 

Le monde de la bobocratie est en train de disparaître. Toute cette bourgeoisie de gauche qui a fait ses armes dans les médias pour acclimater les Français au mondialisme a mangé son pain blanc et elle sent instinctivement une vague monter. Cette vague est d’autant plus déconcertante qu’elle n’a pas été impulsée par l’oligarchie. Elle est indépendante du système et perdure, malgré une absence de moyen, grâce au talent et à la ténacité d’une poignée de quidams. En résumé, il s’est spontanément constitué une minorité active à l’insu du pouvoir dont l’activité est hors de contrôle de celui-ci.
Les Ardisson et compagnie ont donc bien raison de s’inquiéter. Ils sont vieux, ringards, sans talent et sous perfusion du système ; nous sommes jeunes, dynamiques, indépendants et conquérants. Derrière une apparence de statu quo, la partie est pour eux mal engagée.

 

Adrien Abauzit

 

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