Notre époque a vu évoluer les rapports entre le chat et l’espèce humaine. D’animal tantôt divinisé, tantôt diabolisé, il est devenu le compagnon prisé de personnages illustres. Têtes couronnées, écrivains, célébrités s’entichent du petit félin, réconfort de tous les instants ou complice d’une démarche artistique.

Son caractère indépendant, qui lui a valu tant de faveurs et tant d’avanies, en est venu à symboliser notre temps épris de liberté.

Chat angora blanc guettant un papillon, Jean-Jacques Bachelier, vers 1761, musée Lambinet, Versailles.

Sous Louis XV, l’angora blanc règne


De tous les rois de France, Louis XV le « Bien-Aimé » est celui qui aima le plus les chats. Comme Richelieu, il a un faible pour l’Angora blanc.

Chaque matin, le roi fait venir le sien dans sa chambre. Il le regarde aussi jouer sur la table du Conseil, pendant les réunions. Il s’ennuie dans ce métier de roi si peu fait pour sa nature et se divertit comme il peut, avec des chats joueurs et tendres comme avec des maîtresses jeunes et belles.

La connaissance des races animales progresse avec les naturalistes, mais face au petit félin domestique, un combat inégal oppose deux grands noms de la science : Buffon et Moncrif.

Naturaliste à la plume leste, le premier n’est pas avare de poncifs. Son discours sur la fausseté des chats relève d’un anthropocentrisme peu scientifique : « Le Chat est un domestique infidèle, qu’on ne garde que par nécessité ».

Il s’oppose à Moncrif (1687-1770), acteur et libertin amoureux des chats. Sous forme de onze lettres à la marquise de B., son Histoire des Chats (1727) raconte les heurs et malheurs de l’animal et sa place dans la mythologie, l’art et la société. Illustrée par Coypel, c’est un succès de librairie.

Lire la suite sur Herodote