L’athéisme hédoniste rend couard et paresseux

Claude Marion revient sur ses propos dans "Vive l'Europe"

 

Celui qui ne croit en rien est prêt à accepter n’importe quoi

 

 

Je me suis décidé à revenir sur cette phrase que j’ai prononcée dans l’émission Vive l’europe ! de Daniel Conversano en raison des réflexions d’un vieil ami à moi. Selon lui, ma tendance à raccourcir ma pensée en phrases fortes, en aphorismes fourre-tout, en « punchlines » si vous préférez, aurait comme conséquence de très mal me faire comprendre. C’est un biais que j’accuse. Mes lectures de Chamfort et de Nietzsche m’égarent par endroit. C’est pourquoi je vais tenter d’expliquer ici synthétiquement l’essence de ce bon – ou malheureux – mot, et de rendre ainsi justice à mon vieil ami en me rendant translucide.

 

 

Ce que j’entends par « celui qui ne croit en rien » est ce type d’homme moderne un peu paumé qui considère, du haut de son relativisme, que tout est égal, et qu’un homme, n’importe lequel, en vaut bien un autre, et une culture, une autre. Le problème est que cet homme, le gauchiste mondialiste, n’appartient plus à aucune culture, n’étant plus le dépositaire de ce qui constitue précisément une culture ; ayant renoncé à son Dieu comme à ses valeurs distinctives, il en vient même à renoncer à sa terre comme à son groupe d’appartenance ethnique ; il est l’ « homme vide » par excellence, – et comme la nature a horreur du vide…

 

 

Cet « homme vide », notre nomade, notre homme déraciné, est « prêt à accepter n’importe quoi ». Son malheur vient lorsque ses largesses morales – ou béni-ouiouisme – en viennent à croiser un type d’homme supérieur, qui lui porte encore haut ses valeurs et ses symboles d’appartenance à un groupe clairement identifié. L’homme supérieur s’impose fatalement, et sa culture avec lui.

 

 

Mettons maintenant sous la case de l’ « homme vide » l’homme européen moderne, lavé de tout ce qui faisait civilisation en lui, hellénisme et christianisme, et sous la case de l’ « homme supérieur » le migrant musulman sûr de ses valeurs et de son projet civilisateur, fort de sa communauté et de ses signes d’appartenances distinctifs.
* Est-il si fou de penser qu’une race en déclin se fait ici remplacer par un groupe d’individus plus sains et plus adultes ?
* Est-il si fou de penser, en remontant la chaîne des causes, qu’il s’agit ici d’un suicide inconscient ? Qu’une certaine morale du renoncement identitaire est surtout un culte porté à Thanatos, une pulsion de mort, un désir d’extinction ?
* Le plus fou n’est-il pas, enfin, de penser qu’une morale relativiste, démocratique, sans un Bien ni un Mal de clairement déterminés, prônant le multiculturalisme, le « vivre ensemble », est une morale viable ? Et pas plutôt un vœu pieux né de la lâcheté et de la lassitude qui aboutira à une agonie sous l’assaut de Barbares sûrs d’eux-mêmes et de leur bon droit dans notre pays ?

 

 

Voilà. Je tiens à remercier mon ami pour cette propension qu’il a à me pousser à aller plus avant en explications sur ce qui m’apparaît, à tord, comme allant de soi, et ainsi de mieux me faire comprendre.

 

 

 

 

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