-Le capitalisme contient le communisme et le communisme contient le capitalisme. La preuve ? La Chine.

-Le libéralisme est un remplacement d’hommes d’espèce par des espèces d’hommes, dont on ne sait pas s’ils sont encore de vrais hommes. Là est le Grand Remplacement.

-Le futurisme : il est admis que c’est l’art fasciste ; plus justement, que c’est la poésie du fascisme.

Le futurisme est machiniste, technologiste, progressiste, tout au mouvement soit mouvementiste, tout à la déconstruction soit déconstructiviste, et nihiliste surtout lorsqu’il se réduit à Marinetti. Le futurisme est un isme avec ses épithètes en iste. Méfiance à première vue. Seulement le fascisme contient ses lubies.

Marinetti est un marginal du parti populaire. Malaparte, qui pourtant mange à tous les râteliers, ne se revendique pas du futurisme qui est toléré parce qu’il célèbre l’énergie. Esthétiquement, c’est un art pur et brutal qui satisfait aux codes de la force. La sculpture est vive et la peinture invente. Les deux veulent arracher l’urbain à sa condition d’assis en l’ensauvageant de nouveau afin qu’il dompte celle qui l’a dompté. Umberto Boccioni sculpte L’HOMME EN MOUVEMENT et peint LA VILLE SE LEVE. Il semble être l’artiste total du futurisme parce qu’il soumet deux disciplines à son idée, mais celui qui révèle le futurisme à lui-même est Ezra Pound. Il comprend que le futurisme est une poésie. Il sent ce que le fascisme contient de poétique et lui apporte une poésie, c’est le vorticisme. Les mots, le rythme, la scansion, tout est maîtrisé et dépassé afin de jeter le mouvement par-delà les mots, c’est-à-dire plus loin que la sémantique et au plus proche de la langue. La musique, le sens, Pound dévoile l’étymologie du futurisme. Avec le style grandiloquent d’un italien, Pound dit que le vorticisme est une danse des émotions à travers les mots.

Pound : « Le vorticisme est un art de l’intensité. Nous voulons choisir la forme la plus intense, puisque certaines formes d’expression sont effectivement plus intenses que d’autres, et sont plus dynamiques. Ce qui ne signifie pas qu’elles soient plus emphatiques ou plus criardes. »
Il n’y a qu’un gauchiste pour mépriser le futurisme au motif que ce serait fasciste.

Le fascisme : l’alliance des aristocrates et de la plèbe, la force du haut avec celle du bas. Au milieu : l’empire du mou que le poing enferme dans sa paume. Orléanistes bourgeois et petit-bourgeois, salopes maçonniques et spéculateurs, cosmopolites et traîtres à l’homme… tous y passent. Tous éclatent sous la pression d’un élan vital.
Jeunesse et non jeunisme, égalité et non égalitarisme, humanité et non humanisme, esprit et non mentalité, hommes et non sujets, femmes et non citoyennes.
Seul intrus en lui-même : le futurisme dont l’isme pervertit le futur. Sa poésie le sauve parce que jamais il n’y eut de mouvement plus poétique que le fascisme. Jamais il n’y eut plus humain que ce rassemblement rageur des classes extrêmes unies par la force.

François Sanders