L’abstentionnisme, le refuge des jouisseurs et des inactifs

Nos adversaires votent, EUX, au moins.

 

 

La position nihiliste n’est plus tenable.

 

 

L’électeur moyen n’est pas un horrible gauchiste sûr de sa vérité intérieure, il est bien souvent apolitique. Il absorbe par osmose la trame narrative que la société lui inculque depuis la naissance, puis il la régurgite machinalement lorsque la discussion s’engage sur le terrain politique. Poussez-le dans ses retranchements, et vous verrez que ses convictions sont en somme peu profondes.

 

 

Chez les jeunes, le phénomène va plus loin encore. Du désengagement, on passe au nihilisme véritable. «La politique c’est de la merde. De toute façon, ça ne sert à rien. Les politiciens sont tous des menteurs.»… on a tous entendu ça 1000 fois. Si ces doléances sont toutes véridiques, la conclusion logique n’est pas de renoncer, du moins elle ne devrait pas être de renoncer, mais de combattre. Je l’observe dans mon entourage, les individus se replient sur eux-mêmes. Tout nous y pousse. Pour la société de consommation, un individu isolé, déraciné, sans conscience politique, est l’unité de production et de consommation idéale (Debord, Clouscard et Michéa ont déjà tout dit à ce sujet). Malheureusement, cette stratégie fonctionne parfaitement.

 

 

Qu’est-ce que la société de consommation ? Est-ce, en rafale : la consommation de drogue, la promiscuité sexuelle, le divertissement abrutissant? La réponse est non. Car ce sont là des symptômes. Les Amérindiens s’adonnaient à cœur joie à la consommation de stupéfiants pour des raisons récréatives et spirituelles. Les païens participaient à des saturnales qui feraient rougir Dominique Strauss-Kahn de jalousie. Les Romains se réunissaient régulièrement pour assister aux jeux du cirque. Tous ces peuples sont aussi éloignés que possible de la société de consommation.

 

La drogue, le sexe et le divertissement sont des supplétifs qui servent à combler l’immense vide laissé par la société de consommation. Notre Némésis, c’est elle. Celle-ci opère en profondeur au niveau du tissu social. Elle fragmente, déchire, rompt les liens sociaux pour que ne subsistent que des individus atomisés. Ses cibles favorites sont la famille, la patrie, la communauté et la religion, c’est-à-dire toutes les institutions qui unissent les individus et qui offrent une certaine forme de résistance au Capital. Incidemment, toutes ces institutions ont du plomb dans l’aile et sont attaquées de toutes parts. Les puritains qui s’attaquent à la drogue, à la promiscuité et au divertissement se trompent de cible. Même si ces pratiques sont significatives, la cause profonde n’est pas exactement là.

 

 

Il faut faire la distinction entre bonheur et plaisir, et entre hédonisme et eudémonisme. La recherche du bonheur est une quête saine, mais la société de consommation ne propose que de la jouissance éphémère et vicieuse (pornographie gonzo, sadique) et elle produit à la chaîne des individus plus misérables les uns que les autres.

 

 

Revenons à l’individu nihiliste. Celui-ci fait le jeu de la société de consommation, mais que lui importe après tout? Il est en apparence très satisfait d’être un esclave. Ses pulsions hédonistes sont assouvies. Est-il profondément heureux pour autant? Il a des antidépresseurs pour ça, aucun problème. Cet individu place donc son plaisir personnel au-dessus de tout. Le destin de sa société l’émeut bien peu. Il ne vote pas. Il n’a pas de conscience politique. Il s’en fiche. La politique c’est de la merde. Il consomme beaucoup de drogue, de sexe et de divertissement. Sex, drugs and Rock&Roll. Ou il vieillit sans rien construire devant des jeux vidéos ou des séries américaines. C’est à cet individu que je souhaiterais maintenant m’adresser.

 

 

Toi, sache que ta position nihilisto-hédoniste n’est plus tenable. Que tu le veuilles ou non, ton bien-être est intimement lié à celui de ton pays. Si ton mode de vie confortable te satisfait pleinement, ce dont je doute, prend conscience qu’il ne sera plus réalisable dans un pays en guerre civile à l’état effondré. Ton existence atomisée n’est rendue possible que par ton immense dépendance, dont tu n’as peut-être pas conscience, à ta collectivité. Des bâtonnets de poissons congelés que tu achètes au super marché jusqu’à l’électricité, l’internet, l’aqueduc et le gaz, tu dépends à un niveau inégalé dans l’histoire de ta collectivité. Tu es probablement incapable de faire pousser un concombre par toi-même. La conclusion logique est que tu devrais avoir un grand intérêt quant au destin de ta collectivité, c’est-à-dire développer une conscience politique et participer à la vie publique de la cité. Il est impossible de vivre ton existence nihiliste et hédoniste sous la main de fer du communisme ou sous la chape de plomb puritaine des musulmans, par exemple. Si un type d’Hommes sera bien malheureux dans la France de demain, c’est toi. Alors bouge !
Tu devrais donc faire tout ce qui est en ton pouvoir pour combattre ces tendances politiques.

 
Autre exemple : impossible de s’adonner aux plaisirs raffinés que sont les orgies, la philosophie et les jeux du cirque quand on est un Romain qui se fait trancher la gorge par un barbare germanique. Dommage. Peut-être aurait-il dû tenter, ce Romain, de prévenir les invasions barbares et le saccage de Rome plutôt que de lire de la philosophie dans un boudoir, en mangeant du raisin.

 

 

Il est matériellement impossible de se consacrer à son plaisir hédoniste lorsque son pays est à feu et à sang. On appelle cela l’éternel retour du concret.

Merci à Pascal P. pour cet article à l’intelligence scintillante !

Share on FacebookTweet about this on Twitter
Soutenez le site en partageant cet article