La Russie, cet Autre radical

une contribution de Jean-Cyril Vadi

 

 

En guise de préambule, je précise à l’attention des lecteurs que je ne suis pas politologue, ni spécialiste des questions géopolitiques.

Je m’exprime en tant qu’homme, et c’est plutôt mon intelligence émotionnelle, ma « décence commune » pour citer Orwell, que je convoque pour réfléchir – non pas mon savoir.

Ceci étant posé, je dirais que ça fait longtemps maintenant que le positionnement de nos politiques extérieures est calqué sur les choix américains. En tous cas, depuis que le communisme s’est effondré, les thuriféraires du capitalisme mondialisé ont voulu enterrer toute alternative. Certes, il y a eu des oppositions notables sur différents sujets comme la guerre menée en Irak, mais en général, la doxa est pro-américaine. D’ailleurs ce n’est pas étonnant puisque la France marche main dans la main avec l’Allemagne, ou plutôt marche dans les pas de l’Allemagne, et l’Allemagne est le poisson-pilote américain en Europe. Cause ou conséquence : la France a perdu de son rayonnement et de son influence dans le monde, et sa parole n’est plus crédible.

 

 

Heureusement, toute crise est une opportunité. Les chinois savent bien cela puisqu’en chinois, crise et opportunité sont un même signe. Du coup, sur notre territoire même, nombre de citoyens ont pris de la distance vis-à-vis de cette colonisation des mentalités. Et commencé une décolonisation. Cela donne différents cas de figure, différents modes d’être au monde. Mal nommées par les médias, ces attitudes vont du nationalisme au localisme, avec comme fond commun un rejet des deux courants politiques appelés à tort droite/gauche, qui jusque là gouvernaient en s’octroyant la légitimité pour le faire. Elles sont représentées politiquement par une adhésion d’une grande partie de la jeunesse au FN, une abstention manifeste, un engouement pour des mouvements alternatifs de tous bords et la quête désespérée d’un Chef – Egalité et Réconciliation est de ce point de vue emblématique.

 

 

Malheureusement, n’est pas Chavez ou Poutine qui veut. Tous ces courants n’ont pas la même valeur, mais c’est intéressant de voir comment la société du bas, la plèbe, disloquée, tente de s’organiser et de se construire des repères. Si donc l’espace médiatique, culturel, est largement occupé (comme on le dirait d’un territoire) par une sur-présence, une sur-représentation de l’imaginaire américain, la réalité, elle, est tout autre. Le réel a beau être occulté, il fait force de loi et revient régulièrement en force dans le champs de l’actualité (les attentats contre Charlie Hebdo ou le massacre du Bataclan en sont des exemples parmi d’autres). Dans cette réalité, polyphonique, se font entendre des voix qui rappellent entre autres que nous sommes plus proches des polonais, des roumains ou des russes que des texans.

 

 

La Russie est pour moi une chance et peut-être la seule chance pour l’Europe de ne pas se dissoudre complètement et de rester debout, en lien avec son histoire. Une chance, car un modèle de résistance à la colonisation des mentalités, un modèle de résistance au déferlement de la post-modernité, qui a coupé tout lien avec l’Histoire et transformé le citoyen en éternel adolescent – un grand consommateur, y compris de soi-même, et cela, 24h/24h.

 

 

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L’Amérique, ouvertement interventionniste, semble avoir activement contribué à la situation que l’on connaît en Ukraine.

 

 

L’Ukraine est au seuil de la Russie et l’Amérique veut en prendre le contrôle par procuration.

Je ne vois pas pourquoi les américains s’embarrasseraient et feraient des manières, quand on voit comment ils procèdent partout dans le monde ! Car après tout, la seule question qui vaille est (comme pour le meurtre de Nemtsov) : à qui profite le crime ? En l’occurrence, ni aux ukrainiens, ni aux russes. En fait, il est évident que Kiev, comme ville de la Petite Russie, est un symbole extrêmement puissant – les américains, qui savent ce que c’est que le storytelling, y compris et surtout à la Maison Blanche, ne peuvent pas l’ignorer.

 

 

La Russie, l’Ukraine et la Biélorussie sont les trois États héritiers de la nation russe, laquelle est née il y a un peu plus de mille ans, quand les Slaves orientaux se sont regroupés sous la bannière du christianisme orthodoxe. Les aléas de l’Histoire qui ont conduit à la formation de ces États ne peuvent pas faire oublier leur proximité – politique, culturelle et bien entendu linguistique.

Prendre Kiev, en organisant une révolution à la manière de celles provoquées par des infiltrés dans le pays arabes, était alléchant pour ces faiseurs de chaos. Mais c’était mal connaître Poutine, qui a toujours un coup d’avance, et dont l’objectif va bien au-delà d’une défense méticuleuse des intérêts de son peuple. De ses peuples.

 

 

De tous ces peuples en effet, qui composent la fédération de Russie – et ils sont nombreux. Poutine, qui tient dans sa main le pouvoir spirituel et temporel, sait que Moscou est la dernière Rome, et que non seulement elle ne peut pas tomber, mais qu’elle ne DOIT pas tomber, parce qu’elle doit reconquérir le monde. Quand même elle le ferait spirituellement. C’est pourquoi il répondait il y a peu, devant les caméras de télévision, à un enfant à propos des frontières de la Russie « la Russie n’a pas de frontières ».

D’aucuns y ont vu une boutade. J’y vois pour ma part une vérité, dite au détour d’une confidence faite à l’oreille d’un enfant.

 

 

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Je ne sais pas si de la tragédie ou de la comédie qui est en train de se jouer, laquelle l’emportera sur l’autre. Par ailleurs l’Amérique préparerait l’avènement de Mikhaïl Khodorkovski, (on peut en juger par ses propres déclarations d’intentions) qui attend son heure dans un paisible village sur les berges du lac Léman. Comment, en effet, pour une nation si belligérante et expansionniste, supporter que des territoires échappent à son contrôle ? Qui plus est un pays aussi vaste que la Russie, qui a un pied en Asie et l’autre en Europe ?

 

 

La Russie, dernier rempart européen contre le remplacement ethnique et le métissage.

La Russie qui se protège de l’Open society de Soros, de l’invasion migratoire – la marche forcée du monde – et des mariages interraciaux si bien encouragés sous nos latitudes.

La Russie, profondément enracinée, radicale donc.

 

 

Jean-Cyril Vadi

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