LA FIN DU PATERNALISME SOIXANTE-HUITARD

Une contribution amère, mais juste
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La véritable rupture anthropologique du XXème siècle est incarnée par la génération du baby-boom. C’est le premier cas connu de cannibalisation intra-générationnelle que l’occident a à vivre.

La déclinaison française de ce phénomène que sont les soixante-huitards a produit une auto-critique limitée à des questions sociétales comme l’hédonisme inconséquent et l’abandon des valeurs traditionnelles, soit une fraction bien choisie dans l’abîme qui sépare cette génération des générations précédentes.

 

 

Les soixante-huitard, élevés dans une période historique paisible mais marquée par les histoires de guerre et de privations traumatiques qui les ont précédé, en devenant adultes, largueront toutes valeurs « enracinantes » pour saisir à bras le corps les nouvelles opportunités d’accumulation et de jouissance que le capitalisme mondialisé pouvait offrir à cette époque.

 

 

Ils étaient paradoxalement en sous-nombre face aux besoins grandissants des nouvelles industries:
sans réelle concurrence ils sont embauchés sous-diplômés et deviennent cadres très rapidement.
Les plus malins comprendront qu’ils peuvent être pionniers dans beaucoup de domaines et entreprendrons au bon moment.
Sans réel dumping social, même les prolétaires de l’époque prospéreront décemment.

 

 

Ils vont vivre quarante années de croissance économique, de progrès technologiques, de paix sociale, de liberté sexuelle inconséquente (le SIDA calmera le jeu un peu plus tard) et bien d’autres avantages qui les plongeront dans une foi indéfectible envers l’humanité. Ils sont devenus ce qu’on appelle communément des gauchistes mentaux aujourd’hui : ces alcooliques qui, enivrés d’optimisme, oublient les rapports de force et se roulent dans le caniveau idéologique en dégueulent des mièvreries “Allez v’nez, on est tous potes! L’humanité ça fait K’1! Allez, merde! Ski compte cé l’amuur, putain!”. Ces ivrognes philosophes oublient facilement qu’ils dépendent de gens sobres pour vivre, même lorsqu’ils leur vomissent dessus alors qu’eux les soutiennent.

 

 

La classe moyenne a accumulée des “calories” à ne plus savoir quoi en foutre, donc elle a investi. Sauf que le péquenaud embourgeoisé ne comprend rien à l’économie, et limite les risques en investissant dans la pierre et y prend goût au point de spéculer à grands coups de crédits pour “financer son complément de retraite”. Une bulle spéculative immobilière parfaitement immorale qui constitue la triple-dîme que cette caste de seigneurs multi-propriétaires fait payer à ses enfants.

 

 

Pour eux, faire des enfants est un investissement à taux négatif, une corvée chronophage en pleine force de l’âge. Ils aiment du fond du coeur ces immigrés qui s’en chargent à leur place ; les africains ont gagnés au casting du renouvellement démographique: ils parlent déjà français, ils bossent pour pas cher en plus, et ils adorent procréer! Ils savent très bien que ce multiculturalisme sauce tiers monde et haine raciale, est insupportable pour ses enfants, mais il est trop tard pour l’avouer, cela fragiliserait cette paix sociale fictive mais nécessaire à son petit épanouissement.

 

 

Les baby-boomers haïssent leurs progénitures : même quadragénaires, ils sont encore jeunes dans leurs tête et comptent bien kiffer la life. La seule présence de jeunes français dans la force de l’âge est vécue comme une souffrance, voir un affront, pour le soixante-huitard qui se sent vieux par comparaison. Ils sont jaloux alors qu’ils ont déjà eu la chance d’être jeune. Ils ne supportent pas que nous, nous le soyons à notre tour.

 

 

La retraite de ces vieux enfants gâtés est la plus longue et la plus chère de l’histoire, celle d’une génération qui a fait peu d’enfants, qui profite de régimes spéciaux auto-attribués et qui part très tôt en vacances perpétuelles, malgré une espérance de vie record. La génération Y (nous) devra payer cette retraite dorée alors qu’elle ne connaîtra peut être jamais ce luxe : la faillite économique nous fera rester jusqu’à 70 ans au boulot, pour un pécule minable et nous claquerons plus tôt que nos parents (le stress, la pollution et la précarité ne compensent pas le progrès médical, même si certains s’évertuent à faire croire le contraire…).

 

 

Cette génération Y mise en taule à ciel ouvert par ses parents, trouve un espace de liberté sur Internet et cherche à se désenivrer du gauchisme inculqué au forceps par les médias et les professeurs de l’éducation nationale. Mais les leaders d’opinion soixante-huitards occupent déjà le terrains : ils produisent des analyses souvent intéressantes mais en profitent pour distiller leur chloroforme idéologique. C’est aussi une magnifique occasion pour eux de prendre la posture du jeune rebelle avec toute la panoplie qui va avec (blouson en cuir, tolérance du rap, anglicismes, comportement de racaille) et d’impressionner les jeunes femmes, afin de les baiser encore quand c’est possible. Une vie de jouissance égoïste et orienté vers le néant.

 

 

Ces anguilles opportunistes réhabilitent les valeur traditionnelles à la carte : ils piochent la carte “respect des anciens” pour intimider les jeunes; ils piochent la carte “méritocratie” lorsqu’ils veulent bomber le torse sur les quelques hauts faits de leur vie. Par contre les cartes “transmission de patrimoine” et “humilité” restent bien planquées dans le paquet! Ils se gardent bien de décrire la caste sclérosante qu’ils représentent massivement, ils concentrent toute la haine des jeunes envers quelques élites et victimisent le reste du monde. Ils désignent des cibles impossibles à atteindre directement et stérilisent ainsi le combat politique.

 

 

Cet abandon moral devient visible et devrait inciter les jeunes à penser par eux-mêmes, à toujours se méfier du paternalisme bienveillant de ces vieux qui nous enterrerait tous s’ils le pouvaient. D’ailleurs, ils essaient de le faire de toutes leurs forces.

 

 

Guillaume L.

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