Je demande souvent aux gens que je fréquente ou du moins que je côtoie momentanément, comment ils s’identifient. Pour la plupart, la réponse se limite à une appartenance à un groupe social, allant du quartier, à la nation (dans le meilleur des cas).
Pour certains, notamment des citoyens suisses ou belges, l’identité linguistique est également mise en avant.

Pour ma part je m’identifie à partir de plusieurs critères comprenant l’identité sexuelle, régionale, nationale, raciale, linguistique et civilisationelle.

Qu’est–ce qu’un Français si ce n’est un européen, parlant le Français, originaire de l’espace géographique dénommé France et qui se reconnait dans le roman national français, résumé par cette expression controversée « nos ancêtres les Gaulois » ? Beaucoup de jeunes européens semblent négliger le fait d’être descendants à part entière d’une civilisation basée sur le socle du christianisme et de l’héritage greco-romain. Les langues européennes ont toutes pour origine la même racine indo-européenne et les peuples d’Europe se sont formés sur un métissage inter-ethnique de populations du Nord, et de race blanche.

L’identité religieuse est également importante en Europe d’autant plus que dans des républiques laïques telles que la République française actuelle, le catholicisme, fondement même de ce qui fait la France, est renié par les institutions de gouvernance au profit d’autres religions extra–européennes telles que l’islam. Il est vrai que les églises tendent à se vider de plus en plus du fait de la crise morale et identitaire qui frappe le monde occidental (cause principale du vide spirituel au sein des populations de l’Ouest dû à l’ultra capitalisme et la mise en avant de l’individu-roi) mais n’est–il pas du rôle de l’état de préserver ce qui fait l’essence d’un peuple, à savoir sa Foi et sa terre ? Pas dans un état républicain de toutes évidences.

La monarchie de droit divin présentait cet avantage, qui était la reconnaissance du roi comme représentant de Dieu sur terre (le roi, premier lieutenant de Dieu) et par conséquent, assurait la préservation de la tradition qui, rappelons–le, n’est nullement une création de l’homme mais tout naturellement, la voie qui a fonctionné, qui a perduré du fait de son efficacité (« la tradition, c’est ce qui a réussi , ce qui a duré séculairement » Charles Maurras).

De même , dans nos sociétés « ouvertes » à l’extrême, l’identité sexuelle est également capitale. Un peuple ne peut survivre si plusieurs de ses générations ne voient plus de différences entre l’Homme et la Femme et rejettent les valeurs de vie telles la procréation et le mariage (en cela, le féminisme, l’avortement employé à des fins contraceptives, la promotion de l’homosexualité et le divorce de confort représentent des menaces à la survie d’un peuple sur le long terme).

Il conviendra donc, à l’avenir, de réinstaurer à la tête des états européens des pouvoirs dits « traditionalistes » qui, de par leurs mesures destinées à préserver l’identité et le savoir de l’européen, feront prendre à ce dernier conscience de ce qu’il est, de quoi il hérite et de l’importance pour sa longévité de conserver ses marqueurs civilisationnels tels que la langue, la tradition et la fierté de s’inscrire dans une histoire nationale antérieure à sa génération.

L’exemple russe n’est pas à occulter pour quiconque cherche des pistes concernant la renaissance européenne. Succédant aux années d’après-URSS, la Russie de Poutine a renoué avec son identité et plus étonnant encore, l’orthodoxie est revenu « à la mode » dans la société russe puisqu’en 2014 plus de 80% de la population russe se disait chrétien orthodoxe. Suite à des mesures visant à soutenir la procréation , la démographie russe a cessé de décliner pour retrouver, lentement mais sûrement, des taux positifs.

Si les pays d’Europe de l’ouest, notamment L’Allemagne dont la population se fait vieillissante, venaient à adopter le même schéma, l’Europe aurait les ressources humaines nécessaires pour assurer un leadership dans le monde multipolaire en cours de constitution. Tout n’est qu’une question de volonté… et d’identité.

Anthony DE SOUSA