Est-ce un livre de paix, oui ou non ?

La réponse est NON - Claude Marion

 

 

Le paradis, à l’ombre des sabres.

 

 

Dans l’aphorisme « De l’origine des religions » de son Gai Savoir, Nietzsche émet cette hypothèse qui prétend que l’inventivité d’un fondateur de religion est de fixer une façon de vivre déterminée et de l’auréoler d’une valeur supérieure, en sorte qu’elle devient alors un bien pour lequel on a envie de lutter.

 

 

Selon lui, le Christ (Ou Saint Paul) trouva autour de lui la vie des petites gens des provinces romaines, à laquelle il octroya un sens supérieur jusqu’à leur faire mépriser les autres types de vie et « surmonter le monde » (c’est-à-dire Rome et les classes supérieures de tout l’empire).

Bouddha trouva pour sa part une espèce d’homme plus générique, disséminée dans toutes les classes sociales de son peuple, laquelle, par paresse, est bonne et bienveillante, et vit dans l’abstinence et presque sans besoins ; il lui offrit une foi qui permettait d’éviter le retour des misères terrestres : le travail et l’action en général.

Le génie de ces deux fondateurs de religion est bien d’avoir « senti » une certaine catégorie d’âmes au milieu desquelles ils vivaient, et d’agir en catalyseur, en unificateur, en exaltant leurs vertus.

 

 

Eh bien, maintenant que nous avons rappeler cela, qu’en est-il pour le sujet qui nous préoccupe aujourd’hui : l’islam.

Nietzsche en parle-t-il ? En fait, je vais vous décevoir, mais non ce n’est pas le cas. – Et après ?

 
En réalité, il suffit aujourd’hui de lire n’importe laquelle des biographies de Mahomet pour découvrir quel type d’homme il trouvait autour de lui, et quelles étaient les valeurs qu’il devait promouvoir auprès d’eux.
Mahomet était un leader et un chef de guerre, il s’agissait surtout pour lui de conférer à ses troupes la motivation et le courage nécessaire à la conquête de territoires ; il fit ainsi la part belle à un « Dieu avec nous » promouvant des massacres, des martyrs qui meurent sous les sabres ennemis (porte principale pour le paradis), et inspira surtout à ses sbires un mépris profond pour la mort. Entouré de combattants, il bâtit une doctrine religieuse marquée par une ferveur soutenue au combat, et par un bellicisme continuel vis-à-vis de l’étranger.

 
Et désormais : qu’avons-nous dit ? En fait, nous avons déjà tout dit et nous n’avons pourtant pas encore commencé à réfléchir en profondeur…
Il s’agit maintenant pour vous de transposer les valeurs promues par chacune de ces religions dans notre France contemporaine, et de finir par vous demander fatalement si un islam républicain, respectueux à la fois de toutes les composantes plurielles du pays (Chrétiennes, païennes, athées, etc.) et fidèle à sa doctrine, est possible ?

Peut-on superposer une religion bâtie dans un contexte de guerre, contre l’ennemi, à un contexte de paix ?

Doit-on être de mauvaise foi comme d’autres, et privilégier une approche symbolique (car actualisée au contexte de paix) du Djihad comme combat contre soi-même, et en falsifier ainsi le sens originel (celui défendu par les salafistes) ? N’est-ce pas là faire aussi le jeu de ceux qui n’ont jamais lu le Coran et décrètent,-par un entêtement gauchiste incompréhensible-, que c’est un livre de paix ?

 
Voilà, je vous abandonne au milieu de ce chemin bordé d’épines dansantes et de questions toutes aussi stimulantes… et vous souhaite une belle nuit blanche.

 

 

Claude Marion 

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