Les temps de grands troubles que nous le vivons sont des temps de grande confusion. À n’avoir été élevé que dans la castration mentale, la repentance ethnomasochiste et l’abnégation, nous n’avons plus en France qu’une idée vague de ce qu’est la force d’âme, le courage, bref, de l’attitude que tout homme ou femme digne devrait adopter.

Le sport favori de la sphère patriote populaire consiste à s’autocritiquer, à déplorer la lâcheté du Français au quotidien, la « fragilité » du babtou, à fantasmer sur un mouvement, une révolution, ou sur des héros, comme les Corses ou les Slaves, quand les premiers font trois tours d’un quartier à dominante musulmane en criant « on est chez nous » avant de retourner chez eux, ou quand les autres ont l’infini courage de faire une manifestation islamophobe consensuelle dans des pays où les trois quarts des habitants ont des idées «d’un autre siècle»…

Les patriotes ont-ils oublié de croire en eux et leur peuple ? Personne n’a envie de répondre présent à l’appel d’une ménagère qui rage sur internet après ses 35 heures, hurlant à l’écrit dans un déluge de majuscules et de points d’exclamation que « les Français n’ont pas de couilles ». Ces idées tellement banales et martelées n’ont plus aucun effet, d’une part parce que les vrais castrats gauchistes n’ont pas le sens de l’honneur nécessaire à se sentir insulté : ils sont même fiers de n’opprimer personne et de refuser leur « privilège blanc » en laissant aux migrants de première, deuxième ou troisième génération l’apanage d’une virilité compensatoire.

D’autre part parce que ceux qui sont sensibles à ce message sont justement dépressifs, rongés par ce constat si réel qu’il y a besoin de le répéter mille fois pour lui donner du crédit par effet panurgique. Certains dépressifs qui se disent patriotes n’ont même pas honte de prétendre en public, l’exemple à l’appui de trois bonniches paumées aux désirs exotiques dans le fin-fond d’une province où même les militaires dépriment, que nous sommes un peuple cocu, croyant sur parole certains « rebeu » qui passent le plus clair de leur temps à expliquer au monde entier sur les réseaux sociaux qu’ils baisent « les Françaises ». Les trois quarts de la bibliothèque des best seller patriotes ne sont que la pénible chronique de la déchéance française, du suicide, de la soumission et de l’apocalypse.

Si ces constats sont nécessaires pour le grand public, ils sont néanmoins d’une grande toxicité pour des esprits réveillés depuis longtemps. Rien n’est plus déprimant que le spectacle de cette réaction qui s’éternise. Ouvrir les yeux de l’apolitisé sur la chute du pays, oui, mais se monter le bourrichon jusqu’à finir par un ulcère ou un suicide, non.

La réaction de base du #VénerFN sur twitter a du bon quand il s’agit de se faire des amis frontistes ou de se détendre en se servant d’internet comme de poubelle émotionnelle après une grosse journée de travail à cotiser pour nos migrants, mais méfiez-vous de la toxicité dépressive et de l’impression d’impuissance que ça crée chez des individus qui ont tout sauf besoin de messages négatifs et rageux. Il y a deux types de patriotes dépressifs : le vieux faf qui broie du noir depuis 30 ans et ne sait plus faire que ça, et le fafounet gâté pourri de la dernière pluie qui se réveille et veut tout avoir tout de suite, ne comprenant pas que la majorité des gens n’ait pas encore eu le déclic qu’il a eu la semaine dernière.

Ce sont les améliorations qui doivent nous réveiller, pas le constat actuel. Il y a 20 ans encore, le réveil identitaire et patriote que nous connaissons était inimaginable. Ce qui importe n’est pas quel pourcentage de gens ont encore des idées politiques anti-patriotes, mais quelle est la tendance de la migration idéologique : le vent souffle uniquement de la gauche vers la droite nationale en passant le plus souvent, mais pas toujours, par le « centre » et la « droite ». Les élections régionales de 2015 ont vu le vote FN se multiplier par 3, avec presque 9 millions de Français qui ont voté au moins une fois à un des deux tours. (Il faut également noter que ces régionales ont été une grande défaite pour la gauche : les Républicains ont remporté de nombreuses régions jusqu’alors détenues par la gauche).

Que faut-il aux patriotes dépressifs pour regagner l’espoir ? L’espoir, par définition, peut exister malgré sa maigreur : si vous êtes désespéré par la situation actuelle, c’est que vous confondez l’espoir et la certitude. Evitez d’afficher vos névroses en public : bien loin de trouver un psy bénévole capable de vous aider, vous risquez de contaminer un patriote qui s’apprêtait à faire quelque-chose de constructif pour notre cause, ou de réquisitionner son énergie pour soigner votre moral fragile.

Ayez un peu de dignité : gardez la tête haute, gardez vos doutes pour vous-même. Si vous n’avez pas de dignité, ayez au moins cette pudeur. La vie est pavée de doutes, la dépression consiste à ne voir que des doutes là où l’esprit sain ne voit que des espoirs : vos analyses de verre à moitié vide ne vous font passer pour intelligent qu’auprès de quelques sociopathes immatures qui n’ont pas compris cette évidence. Transmettez de l’énergie au lieu de puer la défaite, la désillusion et le dégoût de la vie comme si ça vous rendait profond : ça donne juste envie de vous fuir, et de n’écouter aucun de vos arguments.

Nous devons attendre et préparer le point de non-retour de l’opinion publique

Le mur de Berlin s’est pratiquement effondré tout seul en 1989 lorsqu’un seuil de révolte suffisant a été atteint dans l’opinion publique. Croire qu’on peut sauver la France de 2016 par la rue avec 3 fumigènes ou avec des fusils, c’est croire que quelques forcenés avec des masses auraient pu détruire le mur de Berlin en 1961. Nous ne sommes qu’au début de la prise de conscience du grand public apolitisé. Les meurtres odieux de Merah, des Kouachi ou de Coulibaly n’ont visé que des personnes avec lesquelles le Français lambda est incapable de s’identifier : les dessinateurs polémiques parce que l’apolitisé, lui, ne provoque pas, les fonctionnaires du sacrifice ultime de la police et de l’Armée parce que l’apolitisé, lui, n’a pas « signé pour ça », ni même les juifs et enfants juifs, puisque les juifs forment une communauté dont il ne se sent pas faire partie. En visant la population française sur le critère factuel de sa simple fréquentation des terrasses ou sur ses goûts musicaux, les attentats du 13 novembre ont marqué le début d’une nouvelle ère. Le Français lambda commence enfin à comprendre que le terrorisme n’est pas juste une occasion de se sentir Charlie en manifestant pour le Vivre Ensemble, que c’est lui qui sera la première cible du terrorisme, peu importe ce qu’il est, ce qu’il pense, peu importe qu’il soit favorable ou non à l’invasion, favorable ou non à son remplacement ethnique par des hordes migrantes. Même le bobo le plus déconnecté du réel a compris le message avec sa résistance risible « en terrasse », là où le patriote dépressif s’est empressé de critiquer les valeurs hédonistes du mode de vie défendu et ce patriotisme terriblement impur d’un esprit équilibré qui ne serait pas uniquement mu par le désir de sacrifice gratuit et d’abnégation de la nouvelle repentance réac.

Là où les anciens attentats terroristes dans Paris se résumaient à des moyens de pression sur le gouvernement français par des groupes comme le Hezbollah, l’Etat Islamique annoncent aujourd’hui officiellement vouloir détruire l’Occident, sa liberté, son peuple et tout ce qu’il représente. La gauche n’a plus qu’à déprimer de voir que le grand méchant nazi blanc que dans ses fantasmes elle appelait à revenir d’entre les morts ou d’une base lunaire secrète, ne sera en fait qu’un barbare du tiers-monde qu’elle avait pourtant passé sa vie à présenter comme un Autre identique, aux mêmes aspirations, en s’identifiant à lui via les quelques références exotiques qu’il a dans sa sphère réduite de bobos « citoyens du monde », s’aimant trop pour découvrir que cet Autre n’est pas lui. Le 13 novembre a été le commencement, la suite de la prise de conscience se fera lorsque le provincial comprendra que ce qui arrive à Paris arrivera dans sa ville, puis jusque chez lui dans sa maison à la campagne : il suffit d’écouter les « En visant la population française sur le critère factuel de sa simple fréquentation des terrasses ou sur ses goûts musicaux, les attentats du 13 novembre ont marqué le début d’une nouvelle ère » ou de bien vouloir écouter nos anciens sur le terrorisme FLN en Algérie française, son lot de bébés rôtis, et de femmes violées et éventrées sous les yeux de leurs hommes castrés avec leurs parties génitales systématiquement coupées et placées dans leur bouche.

Tant que ces éléments ne seront pas réunis, comment voulez-vous que la masse apolitisée abrutie par la propagande vivre-ensembliste et la téléréalité veuille bien cesser de répondre aux appels décomplexés de barrage anti-FN dans les urnes ? Comment voulez-vous que le couillu provincial qui vit sa vie avec une conscience politique tranquille et désinvolte à la Coluche, impressionné par rien, déjà armé, réalise que le péril migrant est réel et que ce ne seront pas que des parisiens qui perdront des morceaux dans des attentats ? De partout et à n’importe quelle époque, la majorité des gens est apolitisée et ne suit que l’opinion consensuelle, celle qui te fait bien voir de la société et qui ne t’empêche pas d’avoir une vie sociale équilibrée en évitant le maximum de sacrifice.

Cessons de vouloir changer la nature de l’Homme comme des idéologistes gauchistes : les utopies idéologiques d’un « Homme nouveau » que sont la révolution française, le communisme et le nazisme ont toutes lamentablement échoué dans leur reprogrammation de l’humain. Le temps des utopies totalitaires est révolu, nous entrons dans l’époque du ré- alisme pragmatique. nous n’avons pas besoin d’attendre que la masse embrasse intégralement notre cause et s’attache à des figures comme Zemmour, il nous suffit d’arriver à un stade où les gauchistes les plus idéalistes n’auront même plus l’énergie de se dresser contre le vote patriote, tant la barbarie palpable de l’Autre nous fera oublier la peur de soi et cesser enfin toute cette violence masochiste, tournée contre nous-mêmes.

Les apolitisés en quête de « j’aime » sur Facebook, qui scandent aujourd’hui comme des zombies la propagande droitdelhommiste, antiraciste et anti-homophobe sur les réseaux sociaux seront les mêmes qui sortiront des tirades patriotes quand ce degré de réveil de l’opinion publique sera atteint. Il n’y a qu’à voir comment, le 13 novembre, en l’espace de quelques heures, le drapeau tricolore est passé de bannière nauséabonde apanage de quelques fachos excités à un symbole fièrement affiché d’unité nationale face à la barbarie. L’homme lambda de n’importe quel pays aura toujours cette attitude de girouette avec laquelle il faut jouer : laissez aux gauchistes le soin de refaire le monde et jouez avec ses règles.

Accompagner avec sang-froid le changement

Les patriotes doivent réseauter et sortir du placard de la repentance réac, se concentrer sur les seuls engagements constructifs, et refuser l’action stérile aussi petite soit-elle. Si quelque-chose ne vous apporte aucun plaisir, n’aide pas votre cause et ne sert à absolument rien d’autre que donner des armes à l’ennemi, pourquoi le faites-vous ? Quant à ceux qui pensent que la guerre civile est inévitable… les perdants idéologiques seront ceux qui déclencheront cette guerre civile. Voulez-vous repartir dans 50 ans de fragilité et de « plus jamais ça » ? Transmettez votre énergie, celle qui vous anime quand vous aimez votre pays malgré toutes les brimades et le terrorisme intellectuel d’une société gauchiste en plein naufrage, rayonnez en ondes positives et cesser de donner une image ringarde du français patriote car dépressif. Pour qu’on vous suive, il faut qu’on ait envie de vous ressembler. L’engagement patriote n’est pas un sacrifice sans contrepartie ni une nouvelle repentance où seuls les suicidaires ont leur place. On peut très bien cerner et défendre nos valeurs sans tomber dans la victimisation et le caca nerveux de Jeanine la ménopaumée entourée de gauchistes qui vient de découvrir twitter en 2016. Prenez soin de vous, soyez constructifs et productifs, soyez dignes et gardez la tête haute pour porter nos couleurs : la réacosphère sera le phare dans la tempête de merde à venir, l’unique repère viable dans la panique idéologique d’un futur de plus en plus proche.

Yann Merkado dans le magazine France n°1