Dita

Dita est une merveilleuse petite femme de 79 ans
J’ai rencontré Dita à Grande-Synthe. Dita est une merveilleuse petite femme de 79 ans, toute frêle, toute mignonne et pleine d’énergie. Je l’ai rencontrée en Juillet, dans sa maison à Grande-Synthe où elle vit depuis qu’elle a 25 ans. J’allais tourner quelques images à Calais avec mon cameraman. J’avais déjà été tourner à Calais en février de la même année, et l’expérience avait été pénible. Comme beaucoup de Français citadins, je ne suis pas particulièrement fan de cette région. Une amie m’avait proposé de loger chez Dita pendant trois jours, mon cameraman irait dormir chez un ami, histoire d’économiser des frais d’hôtel sur le misérable budget que nous avions récupéré chez une chaîne nationale en mendiant pour l’obtenir. Mais j’aime loger chez l’habitant, vivre au plus prés de l’autochtone comme le grand réalisateur de documentaires que je suis 😉
 
Je me retrouve donc à dormir chez Dita après une première journée de tournage pénible. Forcément, je viens à Grande-Synthe pour filmer des migrants donc naturellement, nos conversations évoquent rapidement la situation dans la ville. Avec mon cameraman, on avait remarqué à Calais et à Grande-Synthe, que les habitants avaient tous des anecdotes de fous à nous raconter à propos de ces migrants. Des histoires souvent hallucinantes, violentes et pathétiques. A croire que chaque habitant a déjà eu un problème au moins une fois ces deux dernières années avec eux.  Je me souviens même qu’en arrivant à Grand-Synthe en voiture par l’autoroute, on avait failli en renverser deux. « Déjà, qu’est-ce qu’ils foutent sur une autoroute limitée à 130 ? C’est pas interdit de marcher sur une autoroute ?  » me dit-elle avec humour en me servant un café et des petits gâteaux secs. Cette femme a beaucoup d’humour, elle me faite rire ; il est à peine 20 H et je passe un bon moment. Le premier soir, nous avons parlé pendant des heures de la situation dans sa ville et le deuxième soir, nous avons parlé d’elle et de son enfance. Ses récits m’auront beaucoup marqué.
 
Dita est née à St-Avold, elle a vécu dans une ville appelée L’Hôpital. Elle y a vécu la guerre enfant, du côté Allemand. Son père s’appelait Godefroy (ça ne s’invente pas) ; il était Nazi et avait géré un camp de travail en Pologne. A la Libération, Godefroy est mort, jeté d’un avion sans parachute et sans procès. Ce sont des Français qui l’ont tué. Dita a grandi dans la guerre et l’idéologie Nazi, ce qui la rend encore plus attendrissante à mes yeux^^. Elle a rencontré son mari en Lorraine quand elle avait 20 ans. Un jeune mineur devenu ingénieur chez Total quelques années plus tard, ils s’installent à Grande-Synthe qu’elle ne quittera plus jamais. Après une fausse couche et un enfant mort-né, Dita met au monde deux beaux enfants, une fille et un garçon.
Quelques années après sa retraite, le mari de Dita meurt d’un cancer foudroyant. On lui découvre 6 tumeurs énormes, il meurt en quelques jours. Deux ans plus tard, son médecin traitant, un maghrébin, est un véritable escroc, il subit plusieurs procès et se retrouve radié avec l’interdiction d’exercer la médecine. Dita vit seule dans la maison familiale depuis, avec une petite retraite, un chien de la SPA et beaucoup de souvenirs.
 
Dita est membre de la paroisse et présidente d’une association d’Aides aux Seniors à Grand-Synthe depuis plus de 20 ans. Elle a vu la situation se dégrader dans la ville depuis 2012, mais la chose est réellement devenue invivable ces deux dernières années. Elle n’hésite pas à designer le maire socialiste et des associations comme Emmaüs, France Terre d’Asile et le Secours Catholique d’avoir fait empirer la situation. Les associations ont fait pression sur un maire socialiste qui a accepté les migrants illégaux sur le territoire de sa commune là où les maires de Dunkerque, Petite Synthe, Malo-les-Bains et Ford-Mardyck ont tous refusé. Ces associations ont mis en avant le fait qu’il y avait des femmes et des enfants parmi les migrants, même si tout le monde reconnait off record qu’il y a une grande majorité d’hommes jeunes. Il faut savoir qu’à Grande-Synthe, la population Maghrébine est très nombreuse, ce qui assure un vote socialiste massif. La région est sinistrée, les boucheries chevalines Polonaises ont été remplacé par les boucheries Halal et Kebabs. Je confirme pour être passé au marché le jeudi matin ; on se croirait au Maroc. Faire un tour au cimetière permet de constater qu’il y a beaucoup de tombes Arabes. Certains disent même qu’il y en a plus que de Français. Alors, après tout, pourquoi pas leur mettre un camp de migrants ?
 
Et Bim ! Un million cinq plus tard; ils construisent des baraquements en durs pour loger ces migrants et éviter qu’ils squattent derrière le Décathlon ou sur le parking du Auchan. Ça faisait un peu tâche. Du coup, les illégaux ne sont pas contents. Ils sont loin de la ville. Loin du Auchan qui n’autorise l’entrée qu’à 6 réfugiés à la fois car ils ont un accord avec la mairie et parce que s’ils sont plus nombreux, « ça devient ingérable ». Les autres attendent sur le parking en attendant. Le pire dans cette histoire, c’est que le Maire a réquisitionné deux véhicules 9 places que l’association de Dita utilisait pour emmener ses membres en sorties, chez le coiffeur, chez le médecin… Réquisitionné ! « C’est possible de réquisitionner des véhicules comme ça ? Pour emmener des migrants faire des courses chez Auchan ? » demandais-je perplexe parce que oui, ça parait un peu gros quand même. Dita me répondit que le maire l’avait fait, qu’elle n’avait pas pu s’y opposer et qu’elle était désormais obligé d’utiliser sa voiture 4 places. Elle dépensait donc beaucoup plus en frais d’essence pour faire encore plus de trajets. Cela ne les empêche pas de continuer à traverser l’autoroute. Cela n’a pas empêché Dita et les membres de son association d’organiser des collectes et de passer plusieurs samedis soirs à faire la cuisine pour ces clandestins. Ils l’ont tous fait de bon cœur.
 
Les baraquements deviennent sales. Il faut les nettoyer. Une annonce est passée pour recruter deux femmes de ménages parmi la population locale de bénévoles. Les deux femmes de ménage se sont faites violées pendant leurs heures de travail. Elles avaient entre 55 et 60 ans. Les migrants illégaux causent de plus en plus d’accidents sur l’autoroute. Il y a des accidents tous les jours. Les conducteurs de Poids Lourds vivent un véritable calvaire. Dita me dit qu’il y a un escadron de police/CRS qui occupe un hôtel de 80 chambres. Ils sont là juste pour la sécurité routière. Que malgré tout, les migrants continuent de couper des arbres pour faire des barrages. Un jeune couple qui vit dans une maison voisine s’est fait cambriolé six fois. Dita a vécu 15 cambriolages : le GPS dans la voiture, l’écran plat et le lecteur de dvd, serrures de la maison et de la cabane de jardin forcées, des outils volés, une tondeuse, un vélo, la voiture abîmée, les pneus crevés, fenêtres brisées, statues et nains de jardins volés. Les amis de Dita et ses enfants ne viennent plus car ils ont peur de se faire abîmer leur voiture. Elle aimerait vendre sa maison, mais personne ne veut l’acheter dans cette situation. Comme beaucoup d’habitants, elle est obligée de rester et de subir.
 
Dita me dit qu’elle promenait son chien autour d’un petit lac nommé le Puythouk mais dont la présence de migrants a fait fuir les promeneurs, pêcheurs, joggeurs et dealers. Même les poules d’eaux et les canards y semblent en voie de disparition. Elle ne peut plus sa balader dans les dunes à cause d’eux. Elle me dit que les dunes de Ford-Mardyck ont été privatisé pour une bouchée de pain, qu’il y a désormais des caméras et que cette crise migratoire doit bien arranger certains promoteurs immobiliers. Dita s’est également faite agresser plusieurs fois dans son jardin. Ce petit bout de femme n’a pas vraiment sa langue dans sa poche. Un jour, en essayant de les chasser de son jardin, elle s’est prise un coup de poing de la part d’un clandestin. La police est arrivée quarante minutes plus tard. Quel genre d’être humain peut mettre un coup de poing à une petite mamie ? Le même genre de mecs qui marchent sur l’autoroute ? Quand on fait face à des voitures qui roulent à 130 ou qu’on donne un coup de poing dans le visage d’une vielle dame, il doit y avoir un truc qui ne va pas dans la tête.
 
Dita me dit que le pire pour elle, c’est de se sentir abandonné par l’Etat, par sa famille qui ne vient plus à cause de l’insécurité, méprisée par le reste de la France. Soyons honnêtes, qui n’a jamais fait une blague sur les gens du Nord, sur la région ; des beaufs, des consanguins, des bouseux, des gens un peu simples, un peu cons, des personnes âgées, des personnes vulnérables, pas intelligentes, des chômeurs, les honnêtes gens de la province grise… Qui se soucient d’eux réellement ? Les gens du Nord se font agresser et rendre la vie impossible par des migrants illégaux : tout le monde s’en fiche. Dita le sait. Elle nous connait nous, les jeunes. Elle sait que la plupart des Français dénigrent les gens de sa région. Dita s’inquiète aussi pour l’avenir de sa petite fille, qui est la dernière à prendre des risques pour venir la voir et qui se fiche de se faire rayer sa voiture. Elle a peur qu’un jour, « ils » l’agressent…
Dita repense à son père, jeté d’un avion sans procès par les Français à la Libération, juste avant de me quitter pour aller dormir. Elle le compare à ces jeunes illégaux dans sa ville ; « mon  père a payé son engagement lui. Pourquoi eux ne le font pas ? Pourquoi devrions-nous payer pour eux ? Pour des petits cons qui viennent foutre la merde ici… »
 
En repartant le lendemain, après avoir fait une bise et serré fort Dita dans mes bras, je n’ai pas pu m’empêcher de culpabiliser en me disant que je laissais une vielle personne vulnérable seule chez elle. Je n’ai pas envie qu’elle reçoive un autre coup de poing, qu’elle se fasse insulter ou cambrioler. Ni par des migrants illégaux, ni par qui que ce soit. Je veux qu’elle vive en paix, en sécurité. Elle le mérite. Elle y a droit.
 
En quittant Grande-Synthe, les derniers autochtones que nous avons vu étaient sans doute des migrants. Mon cameraman n’a pas bien vu mais on en est à peu prés surs parce qu’ils marchaient aussi sur l’autoroute. En quittant cette ville, je n’ai pas arrêté de me poser deux questions auxquelles je n’ai toujours pas de réponses. Quel genre d’être humain peut mettre un coup de poing à une petite mamie comme Dita ? Qui peut faire ça ?
Arnaud Lespingual
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