Crise de l’autorité et répression à deux vitesses

écrit par Adrien Abauzit

Aux quatre coins de France, dans les territoires concernés, la même scène se répète lorsque la venue de migrants dans une commune est annoncée.

 

Une réunion publique est organisée opposant, d’un côté, la préfecture et la municipalité, et de l’autre, le pays réel. Le schéma du débat est à chaque fois identique : les pouvoirs publics affirment haut et fort, trémolo dans la voix, qu’il est nécessaire et « humain » de peupler les communes françaises de migrants. En réplique, le pays réel, toujours ulcéré, marque une hostilité profonde à la colonisation de son territoire, sous le regard apeuré et halluciné des autorités républicaines.

 

Dernièrement, des milliers de manifestants ont défilé à Louveciennes, dans les Yvelines, pour protester contre la création d’un camp d’accueil de migrants.

 

Quelques jours plus tôt, Canal + avait fait un reportage d’une incroyable condescendance sur la commune de Valfleury, du département de la Loire, où une foule frondeuse avait elle aussi fait connaître son refus d’accueillir des populations qu’elle jugeait hostile.

 

Le pays réel, actuellement, se dresse contre une République dont l’autorité est clairement mise en cause, en raison de son caractère, de plus en plus visible, profondément antifrançais.

 

Bien avant ces frondes patriotes, la crise de l’autorité s’était manifestée via des éléments de la « société française » extérieurs au pays réel :

– Depuis des années, des « ZAD » (zone à défendre), pullulent dans toute la France – la plus connue étant celle de Notre-Dame-des-Landes – sans que l’Etat n’ose faire appliquer sa loi.
– Depuis des décennies, l’Etat n’applique pas sa loi dans les bastions d’économie parallèle des zones défrancisées, laissant ainsi prospérer le crime.
– Fin août 2015, des « gens du voyage » bloquent l’autoroute A1, une des plus fréquentées de toute l’Europe, pour qu’un des leurs, alors en prison, puisse assister aux funérailles de son père. Le lendemain matin, la Cour d’appel d’Amiens accorde cette autorisation, suite à quoi, le barrage est levé.
– Début septembre 2015, la même scène se répète sur la route Centre-Europe Atlantique. Cette fois-ci, les gens du voyage réclament un entretien avec le procureur de la République pour améliorer les conditions de détention de l’un des leurs.
– Le 20 octobre 2015, c’est au tour de la route départementale 1085 d’être bloquée par les gens du voyage.
– Durant le printemps 2016, en plein état d’urgence, les forces de l’ordres sont attaquées avec une très grande violence par une minorité de « manifestants » contre la loi El-Khomri.
– Le 12 mai 2016, la gare de Nantes est saccagée par des casseurs.
– Du printemps au début de l’été 2016, le mouvement Nuit débout occupe la place de la République à Paris, sans que les autorités républicaines ne réagissent.
Tous ces événements traduisent le fait que l’Etat républicain est de moins en moins respecté. A chaque fois, des individus organisés l’ont tenu en échec.

 

Ces jurisprudences peuvent paraître porteuses d’espoir pour la question des migrants. Le pays réel, à son tour, pourrait-il alors lui aussi imposer ses vues à l’Etat ?

 

Hélas, la réponse sera probablement négative. Si l’Etat s’est laissé écraser dans les cas précités, c’est précisément parce que les populations concernées et les causes qu’elles défendaient ne sont pas rattachables au pays réel. Lorsqu’il s’agit de cogner contre le pays réel et d’imposer l’idéal républicain et mondialiste aux Français, l’Etat devient sans pitié, ainsi qu’en atteste le vote pour le mariage homosexuel, malgré une mobilisation gigantesque.

 

Les frondes successives suscitées par la venue d’envahisseurs sont néanmoins un excellent signe démontrant la vitalité retrouvée du pays réel. En outre, les crises d’autorité ont souvent été dans l’histoire le préalable aux changements politiques majeurs.

 

Adrien Abauzit

 

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