Comment passer de l’islam à l’européanisme…

Un témoignage de Mila

 

 

J’ai longtemps été une schizophrène culturelle.

 

 

Pour la faire courte, depuis mon adolescence, je me suis toujours demandée si je n’étais pas complètement folle. Née de parents d’origine algérienne, et donc de culture arabo-musulmane, je n’ai jamais cru à leurs dogmes et à leurs croyances. Des conneries à mon sens. Enfin si, j’y croyais un peu mais j’étais jeune et influençable. Je me disais que c’était de ma faute, que quelque chose ne tournait pas rond avec moi, que j’étais une affreuse personne puisque je rejetais mes origines. Je me reniais moi-même. Si se renier, c’est rejeter une culture patriarcale extrême (droit de vie ou de mort sur les femmes), machiste et meurtrière dans l’essence même de ses écrits, alors il n’y a pas de problème, je renie tout sans aucun remord.

 

 

Je n’en veux pas à mes parents d’avoir essayé, c’est ce qu’ils étaient supposés faire à la vue de leur héritage culturel. Je leur pardonne. Ce que je ne leur pardonne pas c’est de m’avoir rejetée, reniée quand j’ai fait mon « coming-out » culturel. Que je leur ai dit que je ne me sentais pas musulmane.

 

 

Mais comment aurais-je pu faire autrement ? Après des années de mensonges et de mauvaise foi, chaque jour me poussait à la conclusion que j’étais française, FRANÇAISE, vous comprenez? Mais qu’est ce que ça veut dire? Ça veut dire que mon pays, c’est la France et que je me fiche du pays d’origine de mes parents, c’est-à-dire l’Algérie ! J’y suis allée une fois et je m’y suis royalement ennuyé. Tout me semblait moins intéressant, moins avancé, moins chaleureux. Je me soucis autant de l’Algérie que d’un autre pays étranger, comme le Bangladesh. Quand j’y suis allée, j’avais quinze ans et je ne pouvais pas me balader tranquillement à Oran sans qu’on vienne m’emmerder. Pourtant je n’étais pas seule mais non, pas possible de marcher sereinement quand on est une fille au Maghreb… mais merde foutez-moi la paix ! Vous allez me dire de ne pas prendre mon exemple pour une généralité mais que dire quand, tout autour de moi, mes connaissances féminines d’origine algérienne me disent la même chose. Y’a un problème là, non?

 

 

En résumé, le réveil a été douloureux et croyez-moi, je n’exagère pas.
Pour une jeune fille issue de l’immigration arabo-musulmane, il en a fallu du courage pour assumer ses choix et rejeter un supposé héritage auquel je n’aspirais pas. D’abord, la religion, l’islam. je n’en veux pas, c’est tout. Je ne pouvais plus faire semblant alors j’ai dit non, j’ai refusé ce qu’on voulait faire de moi. Epouser un « gentil » musulman. Sand doute en existe t’il mais pendant mon parcours universitaire et dans ma vie professionnelle, je n’en ai jamais rencontré un qui me fasse changer d’avis. Je n’ai jamais été attiré par eux, ni physiquement ni mentalement.

 
Au contraire, j’aimais les blancs, les « babtous fragiles » comme disent certains. Mon expérience ne faisait que confirmer mon intuition. Alors, je n’ai pas fréquenté les mecs issue de l’immigration. Il ne faisaient que cracher sur la France et au calme, sans pression, ils en profitaient grâce aux aides sociales, tout en la conspuant. De vrais salopards ! Sans doute pensaient-ils que ce serait une méthode pour me pécho easy (m’obtenir) que de me montrer qu’ils haïssaient leur pays d’accueil. Raté. Devant ma gueule déconfite, les mecs ne comprenaient pas. « Mais t’es Arabe, toi ! ». Sous-entendu, tu dois pas aimer la France, ce pays de « kouffars ». Alors l’ami, comment te dire que si j’avais la force physique de t’exploser la tronche, je le ferais direct, au calme, sans pression aussi. Parce que c’est à cause de mecs comme toi avec tes putain de discours que tu ne t’intègres pas, toi et tes potes qui pensent la même chose. Comment j’aurais pu aimer ce genre de gars? C’est vrai que péter a la gueule du pays que j’aime, ça me fait chier mais alors le discours de tapette a tendance victimaire, dans le genre sexy, on repassera, c’est la cerise sur le gâteau !

 
Cela dit, en y repensant, maintenant que je suis posé avec mon homme, ça me fait rire, et ça me manque même presque. Bordel que c’était bon de les recaler avec des arguments patriotes. Les mecs ne comprenaient rien. Ils me regardaient avec des yeux de veaux genre  » qu’est-ce qu’elle raconte celle-là ? ». Les fils se touchaient dans leur petite tête et putain, je savais que je n’étais pas folle, que j’avais raison et que je continuerai à affirmer mon amour pour la France. Parce que ça reste le plus beau pays au monde. Je ne me vois vivre nulle part ailleurs. J’expliquerai à mes enfants en quoi ils sont bénis d’être nés ici, en France et pas ailleurs. Pourquoi ils devront la défendre, cette France miraculeuse.

 
J’ai dû rompre avec la quasi-totalité de ma famille pour en arriver là, mais aujourd’hui je sais qui je suis et qui je ne suis pas. Je ne suis plus une schizophrène culturelle. Je suis Française entièrement et inconditionnellement. Et c’est tout, et c’est déjà pas mal.

 

 

Mila

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