Claude Marion – Pamphlet

Le bal des quenelles en plastique

 

 

Il m’arrive bien souvent de me poser des questions qui aboutissent non pas à des résolutions logiques mais à des suppositions, à d’éventuelles « jachères de l’esprit » que je finirais bien un jour, peut-être, par fertiliser. En attendant, je vis avec ces résidus conceptuels comme avec une compagne physiquement charmante mais spirituellement obtuse ; nos tempéraments trop différents nous empêchent trop souvent d’aller au fond des choses et, après un très fugace amour, nous nous tournons le dos toute la nuit en ruminant chacun des ébauches de plans, l’un contre l’autre.

 
En fait, ce qui reste d’ « inabouti » chez moi ce jour est l’impression de plus en plus mitigée sur ce qu’on appelle la dissidence. Car j’ai beau être plutôt bon joueur en mon genre, m’intéressant toujours à n’importe quel individu qui émerge sur youtube sans préjugés, potassant dans un premier temps à fond ses vidéos avant d’éventuellement émettre un jugement de valeur sur lui, je dois admettre qu’un bon nombre de ceux que je suis en vidéo, me laissent quelquefois en bouche un certain goût âcre de « foutage de gueule ».

 

Ce ne sont pas des jugements catégoriques, je le répète, juste des détails peu ragoûtants, quelque chose comme des boutons de fièvres ou des poussées passagères d’acné. Ce qui, pour un esthète en mon genre, un esprit superficiel si on veut, est aussi rédhibitoire et disqualifiant qu’un simple hiatus dans une épopée de mille vers bien charpentés.

 
Tout d’abord, clown blanc à l’humeur peu communicative, ni assez métissé pour être cathodique, ni assez efféminé pour intervenir à C’est mon choix, j’aimerais décerner une quenelle de plastique :
A Monsieur Dieudonné M’bala M’bala pour son chèque de 1500 euros à la Palestine ainsi que pour ses colis aux « migrants » ; double validation mesquine des projets de l’Oligarchie.

 
A Monsieur Morgan Priest pour son procès contre Salim Laïbi parce que ce dernier l’aurait traité de « travesti ». Pour un homme qui porte du maquillage, des robes et un corset, qu’il relise donc le Deutéronome… On imagine bien mal Jésus convoquer le Sanhédrin pour de telles broutilles, et choisir la femme de Barabbas pour le défendre.

 
A Monsieur Laurent Louis pour ses affaires fructueuses de monnaie dématérialisé, le One Coin ; ce qui est caustique lorsqu’on remet en cause la spéculation financière et le dollar adossé sur rien.

 
A Monsieur Salim Laibi qui se demande bien ce qu’on va faire des centaines de milliers de français de souche musulmans (des André, des Raymond, des Paul, des Jacques, oui, oui…) si on arrête les constructions de mosquées en France.

 
Et enfin à Monsieur Alain Vérité pour son terrorisme intellectuel et l’invention d’une « présomption de sionisme » à quiconque se montre moins baboucholâtre que lui. Le monde me semble plus complexe qu’un billard à trois bandes.

 

Certainement la tentative de subversion du nationalisme de l’intérieur, la plus insidieuse et la plus dangereuse, et qui me paraîtrait être, dans un monde parallèle quelque peu paranoïde, le projet de contre-attaque de quelque service secret ou de quelque élite parasitaire [Les propos n’engagent que l’auteur, ici. Nous ne pensons pas que derrière chaque ennemi idéologique, se cache forcément un indic de la police]…
Bref, cela est juste dit en passant.

 

 

Je ne voudrais me froisser avec personne. Car j’apprécie par ailleurs tous ces gens pour d’autres raisons. Dieudonné pour son humour, Laurent Louis pour ses vieux coups d’éclats au parlement belge, Morgan Priest pour ses interviews de convertis, Salim Laïbi pour sa sincérité émotionnelle, Alain Vérité pour ses analyses et son tempérament sanguin plutôt rafraîchissant. C’est de bonne guerre, disons.
Après, on pourra me traiter de faux cul ; mon principe est de dire ce que je pense, ni plus ni moins.

 

 

Claude Marion

Share on FacebookTweet about this on Twitter
Soutenez le site en partageant cet article