Un mineur mis en examen dans l’affaire des policiers gravement blessés à Viry-Châtillon

Le 8 octobre dernier un véhicule de police était attaqué par un groupe d’individus et incendié, faisant quatre blessés parmi les policiers dont deux très grièvement. Le premier suspect, mis en en cause dans cette agression, a été mis en examen et écroué le 3 décembre.

Le 8 octobre dernier un véhicule de police était attaqué par un groupe d’individus et incendié, faisant quatre blessés parmi les policiers dont deux très grièvement. Le premier suspect, mis en en cause dans cette agression, a été mis en examen et écroué le 3 décembre. / THOMAS SAMSON/AFP

Un adolescent de 17 ans a été mis en examen dans l’enquête sur l’attaque contre des policiers début octobre à Viry-Châtillon dans l’Essonne, qui avait fait deux blessés graves et suscité un vaste mouvement de colère dans la police.

Le mineur, soupçonné d’avoir participé à la confection des cocktails Molotov utilisés lors de l’agression et « mis en examen pour complicité de tentative de meurtres sur personnes dépositaires de l’autorité publique », a été écroué, a déclaré samedi 3 décembre le procureur d’Évry Éric Lallement à l’AFP.

Il est le premier suspect mis en examen pour cette agression, au cours de laquelle deux agents avaient été gravement brûlés, et qui a déclenché dans la profession une colère pas complètement éteinte : des rassemblements de policiers, encouragés via les réseaux sociaux, étaient encore prévus samedi dans plusieurs villes de France.

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Un second mineur âgé de 15 ans, soupçonné comme le premier d’avoir « notamment » participé à la fabrication des engins incendiaires, a été placé pour sa part « sous le statut de témoin assisté », intermédiaire entre la mise en examen et celui de simple témoin, a ajouté le magistrat.

Les deux adolescents avaient été interpellés jeudi et auditionnés par les enquêteurs de la Sûreté départementale de l’Essonne.

Début novembre, trois jeunes hommes de 16, 19 et 22 ans, soupçonnés d’avoir filmé puis mis en ligne des vidéos de l’agression, avaient été interpellés puis relâchés.

Aucun des auteurs directs de l’agression n’a jusqu’à présent été arrêté, en dépit des recherches ADN menées sur des objets retrouv

és sur les lieux de l’attaque et de l’analyse de plusieurs bandes-vidéo.

Un policier encore hospitalisé

Le 8 octobre, une quinzaine d’agresseurs avaient incendié deux voitures de police, occupées par quatre agents en mission de surveillance à proximité d’un feu rouge d’un quartier sensible de la Grande Borne connu pour ses vols avec violences sur des automobilistes.

Deux policiers ont été très grièvement brûlés dont l’un, adjoint de sécurité de 28 ans, est toujours soigné à l’hôpital Saint-Louis à Paris, selon une source policière.

Cette attaque avait déclenché une vaste mobilisation policière, faite de rassemblements en soirée, hors du cadre syndical, et le plus souvent sans autorisation.

Le mouvement, qui avait démarré le 17 octobre avec un défilé surprise sur les Champs-Élysées à Paris, s’est essoufflé à partir de la mi-novembre, sans jamais s’éteindre tout à fait, malgré les annonces gouvernementales.

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé une enveloppe de 250 millions d’euros notamment de nouveaux matériels et véhicules, et promis un texte législatif sur la légitime défense des policiers. Initialement annoncé pour novembre, ce projet de loi, censé aligner les règles pour l’usage des armes des policiers sur celles, plus souples, des gendarmes, est maintenant attendu au conseil des ministres du 21 décembre puis au Parlement en janvier.

Mais la grogne a repris fin novembre, et de nouvelles revendications ont émergé, concernant cette fois la complexité et la lourdeur des procédures, notamment au cours de la garde à vue. Un millier de policiers ont ainsi demandé le retrait de leur habilitation d’officiers de police judiciaire, un geste de protestation surtout symbolique.

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Outre le maintien de l’ordre, les policiers comme les gendarmes ont notamment pour mission d’enquêter sur des crimes et délits. Dans ce cadre, ils doivent respecter les règles de la procédure pénale, sous peine de faire capoter les poursuites.

Une « manifestation nationale » de « policiers en colère » est annoncée pour le 13 décembre.

Source : La Croix
              AFP 
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