A quoi sert le débat sur l’identité ?

écrit par Palingenesia

 

Liberté, égalité, fraternité…. billevesée ?…

 

Vaste question. Sujet de l’émission C polémique du 2 octobre dernier, dont la vacuité du débat n’aura sans doute surpris personne. Quand on ne sait pas qui on est, d’où on vient et encore moins, où on va, il est aisé de se noyer dans ses propres concepts, en y entrainant les autres.
Prisonnier de grandes Idées, prisonnier de mots vidés de leur sens, que personne n’est plus capable de définir, on tergiverse, on brasse, on s’émeut. Chacun y va de son expérience personnelle pour n’en tirer aucune conclusion sérieuse.
Au moment où la question fatidique se pose, « et oui parce qu’après tout on ne sait pas ce que c’est d’être français, il n’y a pas de définition claire ? », on confesse que non et qu’on n’en a pas la moindre idée.

 

Il semble que si le sujet avait été, « cela a-t-il encore un sens de vouloir être français ? », les intervenants y auraient trouvé plus à redire.

 

Quand tout va bien, se questionner sur l’identité, qu’elle soit personnelle ou collective, n’est pas ressenti comme utile, vital, puisqu’instinctivement les choses se ressentent ou se font telles qu’elles doivent se faire.
Nécessité faisant loi, c’est quand tout va mal qu’on se réveille et qu’on tente de sauver les meubles. C’est quand tout ne va plus de soi que la situation devient flou et embrouillé, et nécessite réflexion. Quand on se retrouve dos au mur, coincé entre ce qu’on imagine, ce qu’on pense, ce qu’on voit et tout simplement ce qui est…
Se questionner sur qui est français et ce que c’est d’être français aujourd’hui sert à visualiser les angles morts, afin d’œuvrer pour (re)donner du sens, du contenu, de l’Un, d’éviter le chaos et les réactions épidermiques.

 

Il n’y a pas de modernité sans tradition, d’ouverture sans identité, de projet sans mémoire. Au niveau individuel et collectif, les trois sont liés.

 

A force d’écrire des romans, de se raconter des histoires, le Français s’est rendu esclave de ce qu’il prétend être. Il s’est perdu dans sa propre abstraction à force de divaguer et d’intellectualiser tout ce qu’il croit (pouvoir) être ou croit (pouvoir) faire, plutôt que de s’astreindre à voir la réalité telle qu’elle est. Heureusement, contexte oblige, Il se réveille et sort de sa torpeur.

 

Bien plus que le Français, pris en tant qu’individu, c’est véritablement l’Etre collectif français pensant et agissant, qu’il faut sauver. Certes, l’un ne va pas sans l’autre.
Cet Etre collectif a une mentalité propre, un caractère de fond qui va s’exprimer via une personnalité particulière. C’est cette personnalité ontologique qu’il faut retrouver et surtout actualiser.
Il semble tout à fait contreproductif et puéril d’établir des critères, des guides (comme on ferait des manuels de grammaire) pour déterminer ce que c’est d’être français et d’appartenir à cet Etre collectif. Car non, ce n’est pas seulement boire du vin, construire des avions, dessiner de belles robes, ou être capable de théoriser même la théorie de l’Etre français. Ce ne sont que des manifestations extérieures, visibles, tangibles de cette personnalité collective. Comme si le plein emploi, la croissance, le vote FN, ou l’Egalité allaient rendre spontanément les français, français. Administrativement peut-être. Français de corps, d’esprit et d’âme, j’en doute.

 

Pour recomposer la France, refaire de l’Un avec le multiple, il faut que les français choisissent (ou soient contraints de choisir ?) de faire allégeance à la France. Oui les identités sont multiples, dynamiques et conjoncturelles. C’est valable tant pour l’individu que pour les groupes (les critères sont divers, famille, géographie etc.). C’est un fait indépassable, cependant dans le contexte actuel, il faut les hiérarchiser si l’on aspire à recomposer, à ressouder le peuple français.
Or on sait bien que ce dernier ne devient collectif que s’il y est contraint, étant par essence plutôt adepte de la subdivision, surtout quand la situation est tendue, comme elle est aujourd‘hui. C’est pourquoi tous les débats creux actuels, ou ceux ne traitant qu’à moitié la question maintiennent l’ambiguïté dans les esprits et rendent pérenne cette dislocation.

 

Le Français, tant dans son être personnel que collectif est profondément atteint, meurtri, et coincé entre de grands idéaux, de grands mots vides de sens aujourd’hui, qui l’inhibent, voire annihilent complètement sa capacité à faire appel au bon sens. Bon sens devenu complètement subversif, en témoigne le traitement que font les médias des réactions des habitants de villages forcés d’accueillir des migrants.

 

Pourtant Il n’est pas dupe et se réveille subrepticement, prémisses d’une révolution de plus grande ampleur demain ?

 

Comme il n’y a pas de société qui se fasse sans cohésion, pas de sociabilité sans ressemblances, il n’y a pas d’être collectif qui tienne sans conscience, cohérence et volonté.

 

Le Français doit, individuellement et collectivement, refaire corps avec sa raison d’être.

 

De Gaulle, sur la France « (…) seules de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui. »

 

Palingenesia

 

 

Share on FacebookTweet about this on Twitter
Soutenez le site en partageant cet article