Pas encore président, Trump sauve 1000 travailleurs américains du chômage !

L’industriel Carrier devrait annoncer officiellement ses nouvelles intentions et la réduction par deux de son plan de suppression de postes. De notre correspondant à Washington        ...

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L’industriel Carrier devrait annoncer officiellement ses nouvelles intentions et la réduction par deux de son plan de suppression de postes.

De notre correspondant à Washington                       

 

Alors que beaucoup doutent de la capacité de Donald Trump à tenir ses promesses de campagne, le Président-élu marque un point. Il entend démontrer que son engagement à «garder les emplois aux États-Unis» est crédible. L’intervention personnelle du futur président des États-Unis semble avoir conduit la société Carrier à réviser son plan de suppression de quelque 2000 emplois dans son usine d’Indianapolis. La moitié de ces postes seraient finalement préservés dans la capitale de l’Indiana.

À l’occasion d’une cérémonie jeudi en présence du vainqueur de l’élection présidentielle et de son co-listier, Mike Pence, le fabricant d’équipements pour le conditionnement de l’air doit annoncer officiellement ses nouvelles intentions. «Je vais dans l’Indiana jeudi pour faire une annonce majeure concernant le maintien de Carrier à Indianapolis. Bonne affaire pour les travailleurs!» a tweeté le bouillonnant Donald Trump.

Voilà des mois que, pour mieux séduire les électeurs du Midwest, Donald Trump vante son intention de forcer la main de sociétés industrielles qui préfèrent investir au Mexique, ou en Chine, pour y fabriquer des équipements jusqu’à présent «Made in the USA». Il a souvent cité Carrier, filiale du conglomérat United Technologies, comme l’exemple à ne pas suivre de firme américaine méprisant l’impératif patriotique de produire aux États-Unis. Cette mauvaise publicité n’a pas servi l’image de Carrier sur son marché domestique.

 

 

Interrogations autour des incitations fiscales

 

Outre l’impact sur sa réputation, Carrier a dû tenir compte de la pression de Mike Pence, gouverneur de l’Indiana, appellé à devenir vice-président des États-Unis le mois prochain. United Technologies se trouve être par ailleurs un des gros fournisseurs du Pentagone, notamment par ses filiales Pratt & Whitney, dans la motorisation d’avions, et UTC Aerospace dans la technologie aéronautique. Il est clairement dans l’intérêt de United Technologies de ne pas faire figure de bête noire aux yeux du futur locataire de la Maison blanche.

En février dernier Carrier AC avait annoncé la fermeture de son usine de conditionneurs d’air d’Indianapolis et la suppression de 1400 postes. En outre 700 emplois devaient disparaître de son autre usine de Huntington, au nord-est de la capitale de l’Indiana. À compter de 2017, Carrier comptait remplacer cette capacité de production par un investissement supplémentaire dans son usine de Monterrey au Mexico. La nouvelle fît bondir le candidat populiste Donald Trump. Il choisit de faire de ce plan social l’exemple même des effets nocifs de l’accord de libre-échange États-Unis-Mexique. Pour l’instant on ne sait pas quelles éventuelles incitations fiscales Carrier a pu recevoir de l’Indiana pour renoncer partiellement à son départ. Les premiers signes de revirement de politique de la part de la multinationale sont venus la semaine dernière, lorsqu’elle a reconnu avoir engagé des discussions avec l’équipe de Donald Trump.

L’affaire Carrier semble représenter une victoire, partielle, mais néanmoins réelle pour Donald Trump, à la différence de son intervention pour préserver des emplois dans l’usine Ford près de Louisville dans le Kentucky. Il y a deux semaines le Président-élu avait affirmé, triomphant, avoir «maintenu l’usine Ford dans le Kentucky». Cette affirmation est exagérée: le contructeur conserve bien ses plans de transfert de production des modèles C-Max et Focus dans une usine au Mexique. Les emplois locaux sont toutefois préservés, ce qui était prévu dès l’origine. Les ouvriers locaux de Ford vont simplement assembler à la place le modèle SUV Bronco.

 

 

 

 

Source : Le Figaro

Auteur : Pierre Yves Dugua

 

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